Histoire non exhaustive

10. janv., 2016

En 480 ou 520, un moine nommé Bodhidharma quitta l’Inde pour s’installer dans le Shaolin dans le nord de la Chine4. Ce monastère de la petite forêt (少林寺, shǎolín sì en Chinois), situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Deng Feng, avait été créé au premier siècle de notre ère par un certain Batuo, le « Premier Ancêtre », et consacré en 496 par l’empereur Xiaowen (Chao Wen) des Wei du nord, qui lui décerna le titre de « Premier Monastère sous le Ciel ». Il s’agissait donc d’un monastère déjà très connu avant l’arrivée de Bodhidharma.

Durant neuf ans et devant un mur, Bodhidharma décida de se livrer à la méditation bouddhique. Cependant, au bout de trois ans de veille, le prince Bodhidharma se laissa aller au sommeil et rêva des femmes qu'il avait jadis aimées. À son réveil, furieux de sa faiblesse, il s'arracha les paupières et les enterra. Quelque temps plus tard, il observa que les paupières avaient poussé, donnant naissance à un buisson qu'il n'avait jamais vu auparavant ; il en grignota les feuilles et s'aperçut qu'elles avaient la propriété de tenir les yeux ouverts. Ses disciples chinois récoltèrent les graines ; ainsi commença la culture du thé. Cette découverte lui permit de prolonger sa méditation six longues années. Ce faisant, il se mit à comprendre le langage des fourmis et découvrit la vérité.

La tradition, toujours elle, affirme que ces bonzes, faméliques parce que mal nourris, ne pouvaient supporter l’immobilité que leur imposait la méditation. Bodhidharma se souvint alors de diverses formes gymniques, plus ou moins guerrières, qu’il avait étudiées pendant son jeune âge sous la direction de son père. Ce dernier était, en effet, en plus de sa fonction de roi, un haut initié de la caste des Ksattriyâs et connaissait donc l’art du combat, proche de ce qui est, actuellement en Inde, le Kalaripayat. Il mit donc au point une méthode connue sous le nom évocateur de « Nettoyage des muscles et des tendons, purification de la moelle et des sinus », le « Yijing kingyi suijing », parfois écrit « I chin ching », méthode connue également sous les dénominations de Shi Ba Lo Han She (Shih Pa Lohan Sho) et de Ekkinkyo (Ekki Kin Kyo Jya) en japonais.

Cette méthode mi-gymnique, mi-martiale fit couler beaucoup d’encre puisqu’elle fut considérée par certains comme étant à l’origine même des diverses pratiques martiales réputées du monastère de la Petite Forêt, donc de la plupart des arts martiaux chinois, et ce faisant des origines profondes des arts martiaux japonais (Bujutsu et Budo).

L’enseignement de ces techniques a été et est toujours secret. Sa diffusion a été possible lors de l’invasion du temple Shaolin qui a forcé les moines à fuir dans toute la Chine et donc à diffuser ces techniques. De nos jours, beaucoup de styles se disent toujours d’inspiration Shaolin.

Bodhidharma serait le 28e descendant de Bouddha5 et le fondateur du Chan (zen en Japonais), bouddhisme influencé par le taoïsme et le plus répandu en Chine (à l'exception du Tibet et de la Mongolie-Intérieure), enrichi par la culture coréenne avant d'arriver enfin au Japon6. Il diffusa son bouddhisme dans toute la Chine.

La naissance des arts martiaux s'est faite dans une période d'échanges constants avec la Chine : il y avait mélange permanent d'exercices physiques, de récits mythiques et de philosophie.

10. janv., 2016

Avec huit sports militant pour l’inclusion dans le programme olympique en 2020 et avec une seule place possible donnée par le Comité international olympique (CIO), le président de la Fédération Mondiale de Karaté, Antonio Espinos, a fort à faire et nous explique sa vision.

Entre deux voyages à Londres pendant les Jeux Olympiques de cet été, Espinos a été occupé à travailler sur l’offre 2020.
Le CIO pense que le karaté est très proche de l’inclusion dans le programme olympique, ce qui signifie de Londres 2012 a été particulièrement cruciale pour le karaté, comme pour leurs rivaux les plus féroces, squash, baseball et de softball. Comme eux, le karaté a l’espoir de participer au JO pour la troisième fois après des soumissions pour 2012 et 2016 qui ont échoué.

(Espinos est le Président de la WKF depuis 1998, et un an après son élection, le sport est devenu officiellement reconnue par le CIO. Il est déterminé à continuer pour que le karaté soit finalement dans le programme.)

«Le karaté apportera un sport spectaculaire attrayant pour le public. Nous pensons que nous pouvons montrer et présenter un sport qui éduque les gens et les rend plus pacifique et plus humain. En même temps, il vous améliore physiquement car il est très complet, et les Jeux Olympiques doit avoir un sport comme celui-ci », dit-il.

« Pour le karaté, nous sommes prêts à bénéficier de l’avantage supplémentaire qu’il peut obtenir à partir des Jeux olympiques. La plupart des pays dans le monde ne sont pas développés. Dans un pays en développement, tout l’argent va aux sports olympiques. Les sports non olympiques obtiennent presque rien. Et si nous pouvions devenir un sport olympique cela aiderait à promouvoir nos valeurs. C’est le bénéfice ultime des Jeux olympiques pour un sport comme le karaté. »

Le karaté pourrait apparaître sur le programme au Jeux olympiques de 2020. A Tokyo ? Cela reste une possibilité.

Il y a 100 millions de personnes dans le monde qui pratiquent le karaté dans 185 pays différents, ce qui donne au sport une portée significative, mais Espinos croit que la participation triplerait si le karaté était aux Jeux olympiques. Il a particulièrement tenu à souligner à la fois les bienfaits physiques et non physiques des Jeux.

«Nous avons tellement de gens qui pratiquent le karaté parce que c’est un sport universel et un mode de vie. Ce n’est pas seulement de l’éducation physique et cela change les gens de l’intérieur. C’est quelque chose que nous sommes très fiers.  »

Espinos dit qu’ils ont appris de leurs précédentes offres et l’importance d’exploiter les médias à leur avantage. Une façon dont ils sont en train de faire c’est par la télédiffusion de leur championnat du monde. Depuis l’année dernière, la WKF a également développé une compétition Ligue 1. Il s’agit d’une série de 10 grands tournois de karaté dans le monde entier, et un prix sera décerné pour la première fois par la WKF.

Le CIO enverra un observateur pour assister aux Championnats du monde cette année à Paris en Novembre, une étape clé dans le processus d’appel d’offres. Un rapport complet sera préparé par le début de l’année 2013 sur les huit disciplines sportives. Une recommandation sera faite durant la session à Buenos Aires en septembre prochain. Il sera également discuté du sport qui devra sortir du programme olympique l’un des 26 actuels coupés sport du programme olympique, à la fois avec le taekwondo, le judo peut-être en ligne pour le clapot.

Antonio Espinos estime que le karaté rend les gens «plus pacifique et plus humain ».

Espinos tient à faire passer qu’ils «ne veulent pas parler de remplacement» et soutient qu’ils ne méritent pas plus que tout autre art martial existant à être au programme des JO. Chaque sport a sa place aux Jeux, dit-il. Mais le président WKF est également désireux de souligner que le karaté est «l’art martial le plus pratiqué dans le monde. »

Un autre facteur qui pourrait aider. Le karaté est originaire du Japon, et il serait opportun s’il devait être inclus dans le programme des Jeux olympiques qui pourraient avoir lieu à Tokyo en 2020( si la ville bat Istanbul et Madrid pour accueillir cette édition des Jeux). La décision sera rendue à Buenos Aires.

Un autre avantage potentiel pour le karaté est le faible coût d’inclure ce sport dans le programme olympique. Il y aurait 130 athlètes en compétition sur deux jours dans les 10 catégories du programme des Championnats du Monde. Le karaté ne nécessite aucun équipement spécial, et peut être en compétition au même endroit que la lutte, le judo, le taekwondo et de nombreux autres sports. Comme l’indique le site web de la WKF, le karaté exige simplement «volonté, effort et d’une surface. »

Peut-être, le plus gros problème du karaté sera l’intensité de la concurrence. Les autres sports jettent des ressources importantes derrière leur offre, aidé par de fortes communications.

N’ayant pas réussi à obtenir à deux reprises une place sur le programme olympique , une offre réussie pour 2020 exige non seulement de la détermination et de la persévérance, mais aussi de la sagesse d’apprendre des erreurs du passé.
« Nous avons amélioré les choses non satisfaisantes et gardé les bonnes choses. Nous nous présentons comme un candidat amélioré. Nous sommes confiants, nous sommes fiers de ce
que nous représentons et nous sommes confiants de le faire cette fois-ci mieux.  »

Espinos ajoute que «de nombreux membres du CIO » reconnaissent le travail effectué, ajoutant que « nous avons maintenant des sentiments très positifs. Nous sommes familiers avec toutes les procédures et nous pensons que l’opinion de la communauté CIO sur le karaté est en nette amélioration.  »

La question sera hors de ses mains dans un peu plus d’un an, mais Espinos est un homme qui a laissé peu de chance. Avant son départ, il insiste: «Si nous y parvenons ou non, cela dépendra de nombreux facteurs. »

Puis il ajoute: «Je peux vous dire – nous sommes prêts. »

 

10. janv., 2016

Comme dit plus haut, le karaté vient du Japon. Cet art de combat chinois était connu à Okinawa sous le nom de Tō-De depuis le xve siècle jusqu'à la fin du xixe siècle, puis d'Okinawa-Te.

En 1935 ou 36 le 25 Octobre , les grands maîtres d'Okinawa ont organisé une "assemblée générale" pour décider de la politique à adopter pour favoriser le développement de leur art et en faciliter la reconnaissance et la diffusion au Japon. C'est lors de cette réunion que, à cause de la montée du nationalisme japonais et surtout de l'antagonisme sino-japonais du fait de la guerre récente entre les deux pays, perdue par la Chine, mais aussi pour montrer leur « japonisation », qu'ils ont décidé de modifier l'idéophonogramme et le pictogramme 唐手 (« main de la dynastie Tang ») qui étaient prononcés Tō-Te en okinawaïen et karaté en japonais par l'idéophonogramme et le pictogramme 空手 (« main vide » dans le sens bouddhique de vacuité) prononcés également karaté, suivant en cela les préconisations de l'un d'entre eux, Hanashiro Chomo, qui avait déjà fait cette modification en 1905.

Envoyé près de 15 ans plus tôt par les mêmes pour satisfaire la demande de Jigorō KanōGichin Funakoshi, venu faire une démonstration, est resté au Japon pour enseigner le karaté, Jigorō Kanō lui apportant son aide pour s'installer, et a adopté à son tour cette modification.

Depuis 2005 , la préfecture d'Okinawa et les fédérations locales, célèbrent le 25 Octobre comme "la journée du Karate , KARATE NO HI " .

10. janv., 2016

De nombreux facteurs ont permis le développement du karaté (initialement tō-de ou To-te ou "To-di" [main chinoise]) ou encore plus simplement appelé De ou "Te" par les Okinawaïens) :

  • les nombreux échanges commerciaux entre Okinawa et la Chine ainsi que le lien de vassalité qui reliait les rois d'Okinawa à la dynastie chinoise ; de ce fait, de nombreux habitants de l'île sont partis étudier un art martial chinois, puis, de retour, l'ont adapté en l'incorporant à leur propre art martial ;
  • l'installation sur l'île d'Okinawa, dans le village de Kumemura, de 36 familles chinoises dans le but de faciliter les échanges culturels et commerciaux entre cette île et la Chine ;
  • certains historiens affirment que le karaté s'est également développé sur l'île d'Okinawa en réaction à l'interdiction faite par les Japonais aux Okinawaïens de porter et de posséder des armes (après l'annexion au xviie siècle de l'archipel par le Japon et l'installation du clan Satsuma en 1609). Cette théorie largement reprise, sans fondements réels du fait de l'absence d'écrits (transmission orale jointe aux ravages de la Seconde Guerre Mondiale ) est critiquable. Premièrement, l'enseignement du Te se faisait dans les castes supérieures; deuxièmement, nous n'avons pas d'exemples de villageois ayant repoussé les forces des Satsuma par leurs seuls poings; troisièmement, l'art martial autochtone du Te était déjà présent depuis des siècles. Même le kobudo (combat par armes usuelles, agraires ou simples) ne date pas de la confiscation des armes par le clan Satsuma. On peut ajouter que les samouraïs de Satsuma, bien qu'ayant établi un contrôle assez strict lors des sept premières années, étaient de façon générale assez généreux. Ainsi, ils laissèrent une certaine autonomie à la famille royale de Ryūkyū, et le port d'épées ne semble avoir été interdit qu'en public et autorisé pendant les cérémonies et en privé. Okinawa faisait également commerce d'épées avec la Chine à cette époque et reversait donc une partie des profits à Satsuma, tout en prenant un soin extrême de cacher aux Chinois leurs accords avec les Japonais (sinon, les accords commerciaux auraient étés rompus, puisque le Japon isolé des Tokugawa n'était pas tributaire de la Chine impériale).

Bien que le Te ne puisse être distingué en "styles", étant un ensemble, deux grands courants principaux sont apparus, liés aux deux principales villes d'Okinawa : Shuri (shuri-te) et Naha (naha-te). Un troisième courant (tomari-te) s'est également développé, combinant certaines techniques des deux précédents, mais malgré tout plus proche du shuri-te, ceci s'expliquant en partie par la situation géographique de sa ville d'origine, Tomari, située entre Shuri et Naha.

Du xviie siècle au xixe siècle, du fait que la pratique de cet art était interdite par l'occupant japonais, les cours avaient lieu en secret, de nuit et dans des jardins fermés. Il s'est « ouvert » au milieu du xixe siècle grâce à Sokon Matsumura, héritier du shuri-te et créateur du Shōrin-ryū, qui fut le garde du corps personnel des trois derniers rois d'Okinawa et entraîneur officiel de leur garde.

À la suite du choix fait par Shoshin Chibana pour satisfaire la demande de Jigoro Kano (créateur du Judo), c'est maître Funakoshi qui introduisit le karaté en 1922 sur l'archipel japonais en réalisant une démonstration devant l'empereur du Japon.

Le développement des techniques du karaté et leur enseignement s'est fait aussi grâce à des maîtres tels que Sōkon Matsumura (1809 - 1896), ainsi que son principal disciple et successeur Ankō Itosu (1832 - 1916).

Ce dernier a développé une véritable pédagogie du karaté Shōrin-ryū, créant les cinq premiers katas de base (pinan shodan, pinan nidan, pinan sandan, pinan yodan, pinan godan), à partir de plusieurs katas d'origines, longs et compliqués dont, entre autres, kosokun dai (ou kushanku dai ou encore kanku dai en japonais). Il fut, en 1901, l'instigateur de l'introduction du karaté comme « matière » obligatoire dans le cursus scolaire d'Okinawa. C'est d'ailleurs pour faciliter son enseignement à de jeunes enfants qu'il a créé les Pinan.

Ce fut Chōjun Miyagi, le père fondateur du gojū-ryū, qui présenta le premier l'examen officiel de maître bushido devant les autorités du Dai Nippon Butokukai, organisme d'État japonais créé dans le but de contrôler tous les arts martiaux du pays. C'était la première fois qu'un maître de karaté faisait cette démarche. Il obtint le titre de kyōshi (« maître »), le plus haut titre qui sera jamais donné à l'époque à un maître de karaté présentant cet examen. Grâce à lui, cet art martial faisait, en 1935, sa véritable entrée dans le budō japonais.

La même année fut décidée l'adoption du terme "karaté" (dans le sens de "main vide") par l'assemblée générale des "grands maîtres d'Okinawa".

Un an plus tard, en 1936, sans doute sous la pression du Dai Nippon Butokukaimaître Funakoshi, après avoir modifié la forme et les techniques des katas eux-mêmes (pour sacrifier au développement du « sport spectacle » de l'époque, permettant ainsi au public ainsi qu'à des arbitres néophytes de comprendre ce qui se passe en compétition), en a changé et le nom (de Naihanchi en Tekki, et de Pinan en Heïan, de la prononciation chinoise à la prononciation japonaise pour les mêmes raisons que celles citées plus haut) et l'ordre des Pinan, le premier étant devenu le deuxième et inversement.

En parallèle du karaté s'est développé le kobudō (combat avec des outils de la vie quotidienne, agraires ou autres ustensiles de cuisine faisant office d'armes : tonfanunchakusaï, etc.) : l’interdiction d’utiliser des armes a été contournée par l’utilisation d’outils traditionnels. C’est ainsi qu’on retrouve parmi les armes traditionnelles d’Okinawa : le bō (le bâton de l’éleveur a multiples usages), le nunchaku (utilisé pour battre le blé, le riz), le saï (trident qui servait à faire un trou pour planter le plant de riz), le tonfa (manche de meule), l'eku (la rame de barque). L'école de kobudo la plus connue dans le monde est du courant de maître Matayoshi.

 

10. janv., 2016

Après avoir été importé de Chine, le karaté a été développé et perfectionné à Okinawa. Les plus grands experts de la fin du xixe siècle et du début du xxe, dont Hanashiro ChomoChotoku KyanAzato Yasutsune (le premier maître de Funakoshi), Kentsu YabuAnkō Itosu (le second maître de Funakoshi), Chibana Shōshin (l'un des condisciples de Funakoshi), Gichin FunakoshiKanryō HigaonnaChōjun Miyagi (disciple du précédent), Kenwa Mabuni (autre condisciple de Funakoshi), entre autres, sont tous originaires d’Okinawa. À part Kanryō Higaonna et Chōjun Miyagi, son disciple et successeur, tous les autres, sans exception, sont des disciples, directs ou indirects, de Sokon Matsumura (1809 - 1896).

Il n’y a pas de traces écrites de la transmission de ces techniques à Okinawa, qui est le berceau du karaté tel qu'il est pratiqué aujourd’hui. Mais ce dont on est sûr, c’est que ces techniques ont été importées en grande partie de Chine, la culture d'Okinawa étant encore plus sinisée que la culture japonaise. Les Okinawaïens avaient aussi des techniques martiales qui leur étaient propres, comme la rotation axiale du poing dans les coups de poing et les blocages.

En 1409, le roi Sho Hashi unifie les territoires d’Okinawa. Sous son règne se développe l'art du Ti (ou Te, ou Di ), cependant déjà présent chez les classes guerrières et nobles. Deux cents ans plus tard, soit en 1609, l'invasion de l'île par le clan Satsuma appauvri la noblesse okinawaïenne, la contraignant à exposer une de ses dernières richesses : le Te. Les armes sont encore confisquées par le nouveau gouvernement japonais; cependant, les armes à feu ayant supplanté les armes blanches, l'autorité se soucie peu du contrôle des villageois. L'art martial des îles Ryūkyū (ryūkyū no ti ou Te ) existait déjà, mais était enseigné en vase-clos et n'est pas apparu à cette période. Aucune source historique ne justifie la pose arbitraire de la création du Te à cette date : les classes paysannes ne repoussent pas de samouraïs en armure et équipés d'armes à feu à mains nues et n'ont pas accès au savoir du Te. En revanche, les classes de guerriers, de la police, de l'administration (peichins ) ou des nobles participent au développement du Te. On remarque que les maîtres de cet art sont tous d'origine sociale aisée (marchands, nobles, officiers), pratiquant de ce fait entre eux.

Pour ces raisons, les classes aisées d’Okinawa ont adapté les méthodes de combat chinoises reprises sous le nom de Okinawa-Te (nom donné au "Tō-de" à partir de la 2e moitié du xixe siècle, en réaction à la domination japonaise) en développant des techniques de combat à mains nues (sans armes). Te signifiant « main », Okinawa-Te signifiait donc les techniques de combat à mains nues d’Okinawa. Dans le dialecte okinawaïen (Uchinaguchi), le terme tōdi était également employé.