Le Karate-Do est une philosophie, une attitude devant et un regard sur la vie et le monde.

Si un expert peut casser une planche épaisse ou un empilement de tuiles d’un seul coup. Chacun, je vous l’assure, en est capable avec de l’entrainement. Il n’y a là rien d’extraordinaire. N’y voyez pas le véritable esprit du karaté. Il s’agit simplement d’une démonstration de la puissance qu’un homme peut acquérir par la pratique, sans aucun mystère. On m’a souvent demandé si l’exercice de casse révélait le niveau d’un karatéka. Évidemment, non. Le karate-do est l’un des arts martiaux les plus raffinés, et le pratiquant qui se vante de ses exploits à la casse, ou qui prétend pouvoir déchirer un adversaire et lui extirper les côtes, n’a qu’une vue très bornée de la véritable nature de l’Art.

 

Qu'est-ce que le karaté ? Le Karaté est il un art de guerre ??? L’histoire du Karaté, claire et nette...Et très controversée...

Le Karaté est un art de combat à mains nues qui permet, grâce à un entrainement rationnel, d'éduquer le corps et l'esprit de telle sorte qu'ils puissent trouver une réponse appropriée à toute forme d'agression. Il met à la disposition du pratiquant un éventail technique très large basé sur l'utilisation des armes naturelles du corps humain : pieds, poings, genoux, etc .

Technique de défense considérée comme la plus efficace, elle a été adoptée par la plupart des armées et des polices du monde.

A travers les siècles, le Karaté a suivi son évolution de la Chine au Japon, et plus principalement à Okinawa. Le Karaté est d'influence chinoise.

Son évolution a subie des modifications suivant les raisons sociales des époques et de l'homme dans sa façon de vivre.

Le temps, les modes, les hommes passent, tout naît et meurt, mais une chose est sûre : seule la Voie est éternelle.

Le Karatéka au départ n'est pas imprégné du Dô, on ne le ressent pas, mais petit à petit il l'acquerra, l'approfondira et l'analysera de part son travail et de la confiance envers son professeur.

Sensei Funakoshi était resté fidèle à la tradition du karaté d'Okinawa. Le karaté était un art martial et il existait quasiment pas d'exercices pour tester son karaté. Le seul test acceptable était le shinken shobu, combat réel dont la mort était la seule issue. Il existait aussi le kake dameshi qui consistait à confronter deux partenaires. Le premier attaquait avec un tsuki aussi puissant que possible et l'autre devait bloquer l'attaque.

L'enseignement était axé à cette époque sur le kata, seule pratique permettant de travailler blocages et attaques sans retenue, puisqu'il n'existait pas de risque de blesser un adversaire. Sensei Funakoshi suivait l'exemple de ses maîtres en ne faisant étudier à ces élèves que les katas. Maitre Otsuka émit l'idée dans les années trente d'introduire une forme de kumité entre deux pratiquants. Ce fut une des cause de la séparation de maître Otsuka et de maître Funakoshi.

Les Dô, chemins ou voies de la connaissance, sont en quelque sorte le reflet de la tradition des anciens jutsu. Les Dô nous enseignent le comportement juste, honorable et loyal envers soi et son adversaire. Ceci est issu du giri, qui peut se traduire par droiture et devoir. 

Une complète philosophie soutient la pratique physique des arts martiaux. La première phase d'un combattant est de lutter contre lui-même, ses peurs et ses angoisses. Un des principes de la voie du guerrier, le Bushidô, est illustré par l'image du faucon qui, même s'il meurt de faim, ne s'attaquera pas aux épis. Le samourai doit adopter la même philosophie. La voie des arts martiaux n'est pas tournée vers l'individualisme comme l'engendre la compétition. 

La morale des arts martiaux doit permettre au pratiquant de s'ouvrir sur la vie et sur les autres hommes. Seul le pratiquant d'un art martial traditionnel retrouve dans la voie cette sensation unique d'épanouissement spirituel.

 

Le Karaté est il un art de guerre ???

Thèse :

Le karaté est originaire du To-De de l’île d’Okinawa dans l’archipel des Ryukyus au sud-ouest du Japon. A cette époque, ces îles ne faisaient pas partie du Japon.

Dès 1429, sous l’occupation chinoise, lorsqu’un décret interdit la possession d’armes sur l’île pour éviter les révoltes, les paysans développèrent, en se basant sur des techniques martiales chinoises, des techniques de défense à main nue : c’était le début du To-De.
Les habitants y ajoutèrent l’usage martial d’outils agraires, ou de la vie quotidienne (Bô (bâton long), les Sai (tridents métalliques), les Tunkuwa (ou Tonfa), le Nunchaku (fléau à 2 branches en bois), etc). C’était le début du Kobudo.

Nous ne savons pas si ces techniques ont servi pour faire des guerres à proprement parlé, mais il semble très probable que les habitants les aient utilisées contre les envahisseurs en arme, et que de toute façon, le but premier paraît bien être de se défendre contre des guerriers.

Plus tard dans l’histoire, le royaume de Ryukyu était indépendant et riche grâce au trafic maritime et notamment au commerce avec les Empereurs chinois. Mais cette richesse faisait des convoitises : la famille Shimazu qui régnait sur la province de Satsuma fit la guerre à Okinawa au XVe siècle. Il semble encore une fois que le To-De fût utilisé pour combattre les assaillants. Ils durent capituler en 1609. Mais cette invasion japonaise favorisa l’orientation du To-De vers une pratique guerrière.

J’ai volontairement résumé et employé le conditionnel car il n’est pas facile pour un non historien comme moi de vérifier tout ceci avec certitude.

 

Mais si l’on en croit l’Histoire telle qu’elle nous est contée, le Karaté, originaire de l’Okinawa-Te, lui même originaire du To-De a bien une vocation d’origine guerrière, même s’il n’était pas enseigné à des armées pour faire la guerre, mais à des civils pour se défendre contre des guerriers.

Donc, si l’Histoire ne nous ment pas on peut penser que

« le karaté était bien à l’origine un art guerre. »

Anti-thèse :

Comme je viens de le préciser, l’Histoire ne dit pas toujours la vérité, et certains estiment même que tout ce que je vient d’écrire, ne serait qu’une légende
(c’est bien ma veine! :-D).

En effet, il semblerait plutôt que le To-De n’était pas enseigné au paysans, mais aux Peichin (nom donné au samuraï d’Okinawa) affectés à la protection des bateaux contre les pirates.

Dans ce cas, le Karaté n’aurait plus d’origine guerrière, mais plutôt de police, ce qui est quand même différent.
Les techniques ne serviraient plus à se défendre contre des guerriers et leurs armures mais serviraient à des policiers ou vigiles (ici les Peichin) pour faire régner l’ordre.
Le Karaté serait alors uniquement un art de combat civil.

Une petite question me vient alors à l’esprit, pour qu’elles raisons avoir développé des techniques de combat à mains nues ou avec utilisation d’outillage agricole si le but est de l’enseigner à des samouraï 

Je n’ai pas réellement de réponse et je pense que je n’en aurai sans doute jamais tant l’histoire de l'origine du karaté est floue  En outre, lorsque l’on lit les ouvrages de Maître Funakoshi sur le Karaté, il n’en parle jamais comme d’un art de guerre, mais comme d’un art d’activité physique, d’autodéfense et de discipline spirituelle.

Maître Funakoshi étant considéré par beaucoup comme le père du Karaté moderne, on pourrait en conclure que

« le karaté n’est pas un art de guerre. »

Synthèse :

Ne pouvant avec certitude départager ces deux thèses, je vais vous donner mon ressenti : à mon avis, le karaté, comme la plupart des budo qu’ils soient avec armes ou sans n’est pas uniquement une activité physique, d’autodéfense mais a bien été développé en tant de guerre (civile ou militaire) pour permettre aux habitants de se défendre.
Il y a donc bien un côté guerrier à l’origine, mais ce n’est pas non plus un art de guerre au sens qu’il n’est pas fait pour des armées de soldats, mais plutôt pour des individus.

Il n’y a pas dans nos disciplines de stratégie militaire, mais plutôt des stratégie de combat individuel.
Par la suite, le Karaté a été utilisé et amélioré au cours des siècles, soit pour se défendre en temps de guerre, soit pour se défendre contre des pillards…

Maître Funakoshi ne présente pas le karaté comme un art de guerre, mais plutôt comme une école de la vie :
Certes, mais n’oublions pas qu’il avait pour but de développer le karaté au sein des écoles. Le côté martial du Karaté n’allait pas avec la « scolarisation » du karaté.
En outre, en 1922, lors des premières démonstrations de Maître Funakoshi au Japon, le Karaté n’était sans doute déjà plus utilisé comme un art de guerre depuis bien longtemps, mais son origine remonte à bien avant.

Le karaté est un Budo (武道), or le kanji Bu désigne la guerre. Cependant, ce kanji se décompose en deux parties signifiant « lance » et « arrêter » et on pourrait traduire le Budo par « la voie

pour arrêter la lance », donc plutôt un art de défense.

Le Karaté restera à mon avis plein de cette ambiguïté entre l’art de guerre et l’art de défense.
En fait le Karaté est fait de beaucoup d’ambiguïté et de dualités complémentaires comme apprendre à donner des coups de poings pour ne pas en recevoir, savoir être fort et souple, dure et mou, rapide et patient… Bref, la philosophie chinoise du Yin / Yang que nous avions abordé dans l’article sur Taïkyoku Sandan est omniprésente dans le karaté.

Je pense réellement que le Karaté, même s’il a été édulcoré quelque peu lors de sa scolarisation par Maître Funakoshi (et d’autres…) a des origines guerrières et que les karatéka, ont bien souvent plus qu’une âme de sportif. D’ailleurs notre code d’honneur est un peu différent du code du sportif.

Le karaté est un sport, un art de défense, une méthode de développement corporelle, une formidable école de la vie… certes, mais ce n’est pas que ça.

Pour conclure, je laisserai la parole à mon ami Marc, qui me suis depuis l’origine de ce blog et qui a dit dans son dernier commentaire une chose qui résume tout ce que je viens d’écrire à merveille :

« Le Karaté est un Art de guerre au service de la Paix »

 

PS : Je remercie vivement tous les intervenants sur les forums suivants :
forum.doctissimo.fr, Forum Infokaraté, KarateJapon.netForum du site www.karate-traditionnel.fr.stKwoon.infoWebMartialYamaMusha  qui grâce à leur réponses argumentées m’ont permis d’écrire cet article, et merci à Marc pour la conclusion.

Recherches utilisées pour trouver cet article :

 Remerciements à Bruno Bandelier

karaté, karate combat de guerre, Karaté Vs Guerre, Les avion de geurre les plus dengereux, les interdits du karate pour ne par fait le karate

L’histoire du Karaté, claire et nette

L’histoire du Karaté…

…est très controversée et sujette à de nombreuses polémiques. En effet, il y a très peu d’écrit sur le Karaté et ses origines et il est très difficile pour un puriste de savoir exactement la vérité sur la naissance du Karaté.

Je vais donc me contenter de retracer les grandes lignes de l’histoire du Karaté sans rentrer dans des détails plus ou moins légendaires qui au final n’apportent pas grand chose et alimentent même la mystification de notre art.

L'histoire du Karaté : Position de l'île d'Okinawa

1 – Les origines Chinoises :

Le karaté est un art martial japonais, mais (et ça tout le monde est d’accord) il est originaire de l’île d’Okinawa de l’archipel des îles Ryu-Kyu situées au sud du Japon et à l’est de la Chine.

De part sa position, l’île d’Okinawa connut pendant des siècles de nombreux échanges commerciaux avec la Chine et ce sont sans doute, au fil du temps, les arts martiaux chinois qui ont le plus influencées le Karaté d’Okinawa.

Pour connaître un peu mieux ces arts martiaux chinois, faisons donc un petit voyage dans le temps et l’espace pour nous projeter en Chine au 10ème siècle :

Il y avait deux courants d’arts martiaux chinois :

Les styles Internes (12 styles majeurs) et les styles Externes (360 styles majeurs)

Les styles internes (Neï-Jia) :

 Ils sont originaires du Mont Wudang et influencés par le courant de pensée Taoïste et notamment la peur de la mort.

Cette peur de la mort entraîne des styles martiaux basés sur une recherche interne d’une longue vie et sur l’absorption de l’action, c’est à dire l’utilisation de la force de l’autre.

De ces styles, nous retiendrons le Taï Ji Quan, le Pakua Zhang (Tout est en cercle) et le Hsing Yi (Tout est en ligne et des cercles avec les bras).

Les styles externes (Waï-Jia) :

Ils trouvent leur origine dans le célèbre monastère bouddhiste de Shaolin.

La pensée bouddhiste et sa croyance en la réincarnation engendre des styles martiaux avec des actions tournées vers l’extérieur (Transmettre sa force à l’autre) et un engagement plus fort dans le combat.

Ces styles sont décomposés en deux courants, les styles du sud et ceux du nord :

Les styles du sud (composé surtout de marins et de paysans dans les rizières) sont basés sur des techniques très courtes, voire en corps à corps alors que les styles du nord (Chang Chuan), avec ses très grandes plaines et ses cavaliers, donnent des techniques beaucoup plus grandes, plus amples.

Maintenant, tous ces styles d’arts martiaux chinois ont été structurés sous un seul et même terme : le Wushu que l’on pourrait traduire par « art martial » ou « art de défense »

2 – L’île d’Okinawa berceau du Karaté :

Ces arts martiaux chinois arrivés donc sur l’île d’Okinawa et influencés par des techniques locales, donneront naissance au To-Te (main de Chinoise) qui au 17ème siècle se divisera en 3 styles :

  • Villes origines Karaté OkinawaLe Naha-Te
  • Le Tomari-Te
  • le Shuri-Te

Naha, Tomari et Shuri étant des villes d’Okinawa (voir carte)

Au 19ème siècle, suite à la colonisation de l’île d’Okinawa par le Japon, le To-Te changera de nom pour devenir l’Okinawa-Te (La main d’Okinawa).

Le Naha-Te, originaire plutôt des styles chinois du sud, donnera naissance au Shorei-Ryu, basé sur le Yin/Yang, le dur et le doux, pour devenir plus tard le Goju Ryu d’Okinawa fondé par Maître Kanryō Higaonna.

Le Tomari-Te et le Shuri-Te, plutôt influencés par les style chinois du Nord, sont très proches l’un de l’autre et finir par donner naissance au Shorin-Ryu fondé par Maître Sõkon Matsumura.

Un troisième style, très dur, sera également fondé à Okinawa, le Uechi Ryu de Maître Kanbun Uechi.

3 – Passage des styles d’arts martiaux Okinawaiens au Karaté moderne et Japonais

Maître Anko Itosu

Le véritable père du Karaté moderne est Maître Ankõ Itosu, élève de Maître Matsumura, qui modifia les bases du Shorin-Ryu pour le rendre accessible au grand public.

C’est également lui qui créa les 5 Heian (ou Pinan).

Par contre le premier qui introduira le Karaté au Japon, sera un de ses élèves, Gichin Funakoshi qui fût envoyé au Japon afin d’y faire connaître le Karate.

Maître Funakoshi modifia le terme Karaté, qui en Japonais signifiait « La Main Chinoise », en Karaté, qui signifie « La main vide ».Les idéogrammes sont différents, mais la prononciation reste la même.

Maître Funakoshi explique ce choix dans le livre Karaté-do : ma voie, ma vie :

« Kara qui signifie vide […] représente le refus de recourir à d’autres armes que les mains et les pieds. De plus, le but des étudiants de Karaté […] est aussi de purifier leur cœur et leur esprit de tout désir terrestre et de toute vanité. »

Gichin Funakoshi fit en 1922 une démonstration devant le 1er ministre de l’éducation à Tokyo qui eu un très grand retentissement.

Très vite, grâce notamment à l’appui de Jigoro Kano, Maître fondateur du Judo, le Karaté connu une ascension social importante et fut même enseigné dans les universités de Tokyo, puis plus tard partout dans le monde.

Le Karaté que pratiquait Maître Funakoshi et qu’il enseignait était issu directement du Shorin-Ryu de Maître Matsumura, modifié par de Maître Itosu. Il s’agit du Shotokan-Ryu, du nom du 1er Dojo de Karaté que fit construire Gichin Funakoshi au Japon en 1936, le « Shotokan ». Ce nom de Shotokan fut choisi tout simplement car Shoto (« Sho » = « pin » et « To » =« vague » donc, Shoto = « vagues dans les pins ») était le pseudonyme sous lequel Maître Funakoshi signait ses poèmes chinois lorsqu’il était plus jeune. Shotokan veut dire la maison de Shoto.

Le Shotokan-Ryu est donc l’école du dojo de Shoto, soit l’école du Dojo de Maître Funakoshi.

Même si Maître Funakoshi était pour une école de Karaté unique « pour que le Karatédô poursuive une progression ordonnée et utile au développement futur de l’homme », d’autres Maîtres fondèrent leurs propres styles de Karaté Japonais.

Voici les principales autres écoles de Karaté :

  • Le Goju Ryu (différent du Goju Ryu d’Okinawa) de Maître Chõgun Myagi
  • le Shito-Ryu (issu du Goju-Ryu d’Okinawa et du Shorin-Ryu) de Maître Kenwa Mabuni
  • le Wado-Ryu (issu du Shotokan et du Jujitsu japonais) de Maître Hironori Otsuka

Ces styles sont certes différents mais n’en demeurent pas moins du karaté et les grands principes de base restent les mêmes dans tous ces styles.

Comme un dessin vaut souvent mieux que des explications comliquées, je vous ai fait un petit synoptique sur l’histoire du Karaté d’Okinawa au Japon. On comprend tout de suite beaucoup mieux 🙂

L'histoire du Karaté d'Okinawa au Japon

 

Voilà, j’espère que ce petit voyage dans l’espace-temps vous a plus et que vous comprenez un peu mieux l’histoire du Karaté (claire et nette ;-))

Laissez moi maintenant un commentaire ci-dessous et si cet article vous a plus partagez le avec vos amis.


Remerciement à Bruno Bandelier

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L'ÉVOLUTION DE L'IMAGE DU KARATÉ SOUS L'EFFET DE SA PRATIQUE

 

PROBLEMATIQUE

En 1996, la Fédération Française de Karaté et Arts Martiaux Affinitaires (FFKAMA) compte 178 755 licenciés qui pratiquent le karaté. D'un point de vue socio-démographique, cette population est très hétérogène puisque l'on recense 20,3% de femmes, des pratiquants de tout âge, appartenant à des milieux sociaux très différents. Le but de cette étude est ainsi de déterminer si le sexe ou l'âge fait varier l'image que les pratiquants ont du karaté. Nous nous sommes également interrogés sur l'évolution de ces représentations au cours de l'itinéraire sportif.

 

METHODOLOGIE

Nous avons élaboré, à partir d'un travail bibliographique et d'une pré-enquête auprès de cadres fédéraux, un questionnaire composé de questions ouvertes et fermées que nous avons envoyé à 1 100 d'entre eux ; nous avons obtenu 370 retours exploitables. La littérature sur le karaté et notre pré-enquête nous ont permis de mettre en exergue trois définitions de l'activité. L'une insiste sur son essence combative et se présente comme un moyen permettant de se défendre. Une autre s'articule autour de son caractère "budo" et souligne son caractère philosophique. La dernière définit le karaté comme une discipline sportive. En dehors des indices statistiques classiques que nous avons utilisés pour traiter le questionnaire, nous avons quantifié l'intérêt que chaque sujet accorde à ces trois représentations du karaté et nous l'avons positionné sur un triangle équilatéral en fonction des coordonnées barycentriques calculées sur les trois variables numériques correspondantes. Les formes des nuages de points ainsi que leur propre barycentre caractérisent les sous-populations que nous souhaitons étudier.

 

RESULTATS ET DISCUSSION

Concernant l'image du karaté, il apparaît que le nuage de points formés par l'ensemble de nos sujets est assez dispersé. Son orientation vers le point P signifie que le caractère "budo" et la dimension philosophique sont importants pour nos pratiquants (les points C et S traduisent des définitions fondées respectivement sur le combat et le sport).

évolution karaté

 

La forme du nuage ne varie pratiquement pas selon le sexe, mais diffère de façon significative en fonction de l'âge des pratiquants d'une part et de leur durée de pratique d'autre part. Notamment, on peut affirmer que ceux qui sont les plus anciens dans la pratique se retrouvent plus souvent vers le point P ; mais ceci ne suffit pas à démontrer que l'image du karaté évolue au cours de l'itinéraire sportif. En effet, nous n'avons pas réalisé un suivi de cohortes, et on peut supposer que ceux qui n'accordaient aucune importance à la dimension philosophique du karaté (et que l'on aurait pu retrouver sur le segment [SC]) ont pu abandonner car le décalage entre leurs attentes et les conceptions des enseignants fut trop important.

 

Cette évolution peut être mise en évidence à partir du traitement de deux variables puisque le questionnaire invitait les pratiquants à répondre aux questions fermées : "au départ, le karaté représentait surtout..." et "aujourd'hui, le karaté représente surtout...". Le tri croisé montre que parmi nos 370 sujets, 257 ont changé de représentation. Parmi eux, 65% se retrouvent dans le schéma suivant (chaque flèche représente l'évolution des représentations) :

 

Schéma

 

CONCLUSION

Ces résultats montrent que les représentations initiales du karaté subissent des évolutions au cours de l'itinéraire sportif. Nous évoquerons les facteurs responsables de cette transformation, notamment à travers le rôle des modes de transmission des savoirs et des messages diffusés par les enseignants.

 

 Source: Patrick TRABAL, Muriel AUGUSTINI - Laboratoire de sociologie de l'INSEP