Gichin Funakoshi

Le but ultime du karaté ne réside pas dans la victoire ou défaite, mais dans la perfection du caractère de ses participants. Ce que vous aurez appris en écoutant les paroles des autres, vous l’oublierez bien vite. Ce que vous aurez compris avec la totalité de votre corps, vous vous en souviendrez toute votre vie Comme la surface polie du miroir qui réfléchit tout ce qui se trouve devant lui est de même qu'une vallée tranquille qui répercute même les faibles sons, l'élève du karaté doit évacuer de son esprit toute forme d'égocentrisme et de méchanceté afin de se concentrer pour réagir de la bonne façon à tout ce qu'il peut rencontrer sur son chemin. Si l'on veut pratiquer un déplacement rapide sans temps d'appel en avançant ou en reculant, il faut que tout passe par le ventre. Un homme ordinaire dégainera son sabre s’il se sent ridiculisé et risquera sa vie, mais il ne sera pas appelé un homme courageux. Un homme supérieur n’est pas troublé même dans les situations les plus inattendues, car il a une grande âme et un noble but. Le regard ne doit exprimer aucune force. Il donne le reflet du vide, le plus complet afin que l'adversaire ne puisse s'accrocher sur aucune chose de l’esprit.

Le regard ne doit exprimer aucune force. Il donne le reflet du vide, le plus complet afin que l'adversaire ne puisse s'accrocher sur aucune chose de l’esprit.

Novo Guy

LES PRINCIPAUX STYLES D’ARTS MARTIAUX DES QUATRES COINS DU MONDE.

Les principaux arts martiaux du monde avertissement :

ce résumé très rapide est destiné à vous permettre de situer votre propre pratique dans le monde très vaste des arts martiaux en général ; il provient d'une synthèse de ce que ma mémoire a subjectivement retenu à partir de lectures diverses et variées, et n'engage donc que ma bonne foi ; de nombreux ouvrages (livres, magazines, sites web) existent sur le sujet et tous ne donnent pas forcément les mêmes renseignements ; l'objectif est de vous aider à associer un nom à des images de pratique martiale que vous pourriez avoir en tête et vice versa ; l'objectif est aussi de vous pousser à réfléchir, à vous renseigner davantage et à vous construire votre propre opinion, et non de vous convaincre d'une réalité historique dont je ne suis moi­même pas certain ... ­­ P.Marty, dernière mise à jour le 28 nov 2006

CHINE

Kung Fu : En fait ce terme est doublement galvaudé, car primo il s'agit d'une écriture approximative importée des USA (en pinyin, on écrit plutôt Gong Fu), secundo il signifie simplement "oeuvre de l'Homme". "Avoir un bon kung fu" ne veut donc rien dire de plus que "bien maîtriser son art", quel qu'il soit au demeurant (art martial, poterie, boulangerie ...). Il existe à ce jour plusieurs dizaines de grandes familles différentes d'arts martiaux chinois, ou Wu Shu, la majorité d'entre elles se déclinant à nouveau en plusieurs centaines de styles, toujours en évolution à ce jour, au gré de leur transmission de maîtres en maîtres. 

Le Wu Shu chinois est l'équivalent linguistique et culturel du Bu Do japonais. Alors que les arts japonais ont tendance à se distinguer clairement les uns des autres (y compris au niveau de la gestion administrative des fédérations sportives !), les écoles du Wu Shu se fédèrent plus ou moins naturellement sous ce terme bien qu'affirmant leurs spécificités. 

On distingue cependant deux grandes catégories : ­

arts "internes"

Le Nei Jia, qui se concentrent sur la recherche d'un développement intérieur (Qi : équilibre mental et physiologique, concentration, volonté, énergie interne ...) au travers de mouvements lents mais profonds, et dont le style le plus célèbre est le Taiji Quan ; ­

arts "externes" (Wai Jia), qui se concentrent sur la pratique de techniques de combat pures et dures, et que l'on regroupe donc souvent (et abusivement) sous l'appellation Kung Fu ; malgré la diversité des styles, on y reconnaîtra généralement : ­ les styles du Sud (Nan Quan) aux mouvements secs, postures basses et solides, ­ les styles du Nord (Chang Quan) aux mouvements gymniques et aériens, déplacements fluides. Tous les styles, aussi bien internes qu'externes, proposent des techniques de poing, de pied, de lutte (projections, immobilisations, luxations ...) et d'armes (épée, sabre, lance ...). Certains prétendent que le Kung Fu est à l'origine de tous les autres arts martiaux asiatiques. Il aurait été importé en Chine par Bodhi Darma, qui aurait enseigné la sagesse Bouddhiste, art de vivre venu des Indes et mêlant la discipline mentale (philosophie) à la discipline physique le  yoga, aux moines du Temple de la Petite Foret ou Temple de Shao Lin, dont l'hygiène de vie laissait à désirer du fait de leur état de réclusion. Les moines ayant été amenés à défendre leur territoire contre des envahisseurs mongols puis contre des seigneurs régionaux tyranniques auraient alors décliné leur nouvel art de vivre sous des formes martiales. Après la destruction du Temple par les Mandchous, les moines se sont dispersés à travers le pays et même au delà des frontières, répandant ainsi les diverses variantes de leur art, dont certaines parfois très différentes du Shaolin Quan originel et traditionnel (où l'on retrouve beaucoup d'influence de l'observation de la nature et des animaux)

À l'instar du Wing Chun, qui, bien que transmis par une ancienne none exilée du Temple, est un style fluide et enroulé, une sobre synthèse de techniques visant à contrôler l'énergie de l'adversaire puis contre­attaquer avec des frappes sèches et efficaces.

Shuai Jiao, lutte chinoise, davantage portée sur les techniques de projections et d'immobilisation (Qin Na), clefs, luxations, etc. Tenue avec veste blanche sans manche à col en V, pantalon à liseret rouge et chaussons.

San Shou ou Sanda, boxe chinoise sportive utilisant pieds et poings ; il en existe une forme traditionnelle sans protection (tenue avec veste rouge à col en V et pantalon noir, pratique d'assauts et comptage aux points), favorisant les coups de pieds, et une forme moderne avec protections (''short boxer'', casque gants et plastrons, combat « full contact » et comptage aux points ou au KO), incluant aussi des techniques de lutte.

Wu Shu, actuellement, ce terme désigne surtout les compétitions techniques (Tao Lu codifiés dans l'un des 2 grands courants modernes synthétisés dans les années 1960, Chang Quan et Nan Quan, avec ou sans arme, en exécution solo ou à plusieurs. Tenues amples et satinées, sans manche pour le Nan Quan. Démo olympique en 2008.

Yi Quan ou Da Cheng Quan, synthèse moderne mixte, interne et externe, incorporant diverses techniques de combat (boxe, lutte, mains collantes, etc.) ainsi que des techniques de renforcement corporel et mental à base d'arts énergétiques (Qi Gong), comme le Zhan Zhuang. Tenue avec veste rouge croisée et pantalon blanc à bandes rouges.

VIETNAM

Viet Vo Dao : Là encore, il s'agit d'un terme générique signifiant "Arts Martiaux Vietnamiens". A nouveau, il existe plusieurs styles, tous relativement récents et très probablement d'inspiration chinoise, dont les plus connus sont Vo Vi Nam, relativement aérien et acrobatique, ressemblant à certains styles de Kung Fu du Nord, reconnaissable aux tenues bleues. Qwan Ki Do, aux postures plus basses et solides, rappelant certains styles de Kung Fu du Sud, reconnaissable aux tenues noires.

JAPON

Karate Do : A l'origine développé dans l'île d'Okinawa par des familles de paysans en révolte contre leur seigneur régional, sur des bases de Kung Fu chinois (Kempo en japonais), à l'instar du Tai Jitsu qui serait l'ensemble des techniques de combat des fameux Ninja (espions­assassins japonais). Tout comme en Chine, des variantes du Karate sont apparues au fil du temps selon les familles ou les clans. L'appellation signifie très grossièrement "Escrime du Poing" et on peut y reconnaître l'influence des styles de Kung Fu du Sud. Les styles de Karate les plus répandus (Shotokan­Ryu, WadoRyu ...) se concentrent sur la frappe du poing et du pied, mais on y adjoint parfois (et surtout à haut niveau) l'enseignement des techniques de lutte (projections, immobilisations ...) ainsi que des armes d'Okinawa (Ko Budo) dérivées d'instruments agricoles tels les fléaux (Tonfa) et faucilles (Kama), ou maritimes tels les couteaux­gaffes à deux ou trois branches (Jitte ou Sai) ...

Ai Ki Do : L'origine de cet art est pour moi assez obscure. Il est probablement dérivé de l'art des Samouraïs (chevaliers Japonais) et insiste sur l'art de vivre au delà du pur ''martial'. Les techniques, essentiellement de projections, s'articulent autour du principe de retourner la force de l'adversaire contre lui. On y associe généralement l'enseignement des armes du Samouraï :

Ken Do, la voie du sabre,

Le kendo est une forme d'escrime au sabre à deux mains où, grâce à l'emploi de matériel adapté (arme en bambou, armure de protection), les assauts sont menés de façon réelle.

Il existe également une pratique à deux sabres appelée nito (二刀), héritière de l'école à deux sabres (Hyoho Niten Ichi Ryu), attribuée à Miyamoto Musashi.

Les pratiquants sont appelés kenshi (剣士) ou plus rarement kendoka.

Le kendo est pratiqué aussi bien par les hommes que par les femmes, les entraînements (appelés keiko, 稽古) étant généralement communs. Des compétitions féminines sont organisées, mais il n'est pas rare de constituer des équipes mixtes lors de championnats.

Grâce aux protections et à l'absence de contact physique violent et de chutes, le kendo peut se pratiquer à partir de 5 ou 6 ans et jusqu'à plus de 80 ans.

Le kendo se pratique dans un dojo (道場) : une salle équipée d'un plancherN 2.

Il n'existe pas de catégorie de poids et les pratiquants ne portent aucun signe extérieur de leur grade.

 

Iaï Do, l'art de dégainer le sabre,

Le terme iaidō (居合道?) est composé de trois kanjis signifiant approximativement :

  • « vivre », « exister » (i?),
  • « harmonie », « union » (ai?),
  • « voie » (?).

Iaidō peut donc se traduire par « la voie de la vie en harmonie », ou « exister en union avec la voie ». Le préfixe « i » peut aussi être interprété par le chiffre 1, l'unité : « la voie de l'unité de l'individu », en lui-même pour être en harmonie avec soi et avec les autres.

Nakamura Taisaburō hanshi10e dan, en dit ceci :

« Iai to wa, hito ni kirarezu, hito kirazu. » « Le iai, c'est ne pas tuer les autres et ne pas se faire tuer par eux à la fois. »

« Jiko no renma ni, shuyou no michi. » « L'entraînement, le polissage des aptitudes, la voie de la discipline, c'est se cultiver soi-même. »

L'essentiel de la pratique du iaidō consiste en l'apprentissage et l’exécution de katas (séquences de mouvements précis), s'exécutant la plupart du temps seul et correspondant à un scénario. Ils démarrent soit debout (tachi iai), soit à genoux au sol (seiza), soit dans une position avec un seul genou au sol (tate hiza). Ces formes constituent autant de supports à l'enseignement et permettent la transmission de l'ensemble des techniques d'une école.

Ces katas se composent à la base des quatre mêmes étapes :

  • Dégainer et première coupe : nukitsuke ou nukiuchi ;
  • Coupe principale : kiri tsuke ou kiri oroshi ;
  • Nettoyer la lame : chiburi ;
  • Remettre la lame au fourreau : notō.

On distingue aussi une partie importante propre à de nombreux katas selon les écoles : furikabutte, l’action de « brandir le sabre ». De nombreuses variantes, coupes, frappes d’estoc, frappes avec la poignée du sabre, sont ajoutées dans certains katas.

Ces katas doivent être « habités » par le pratiquant, et induisent des notions fondamentales propres à tous les budō :

  • Zanshin : la vigilance active, le ressenti, la perception de l'environnement ;
  • Seme : la menace, construction de l'attitude exprimant la capacité de réaction instantanée ;
  • Netsuke : le regard global, non focalisé, perception visuelle large ;
  • Kokoro : le cœur, l'esprit, l'audace, l'honnêteté, la sincérité (terme difficilement traduisible).

Jo Do, la voie du bâton court contre le sabre,

Historique

Fondation

 
Dessin anonyme représentant Musō Gonnosuke

La fondation du jōdō, sous la forme du Shindo Muso Ryu (école Shindo Muso, d'après le nom de son fondateur), est attribuée à Musō Gonnosuke en 1605.

La légende veut que Muso Gonnosuke Katsukichi se soit rendu à Edo, actuelle Tōkyō, nouvellement érigée en capitale par le shogunat Tokugawa. Il s'y mesura aux nombreuses lames célèbres de la cité et ne fut jamais vaincu. Un jour cependant, il affronta Miyamoto Musashi qui le tint en échec grâce à une technique de parade caractéristique employant les deux sabres en croix ( Nito seiho)1. Après cette défaite Gonnosuke sillonna le pays pour y étudier de nombreux styles dans le but de prendre sa revanche sur Musashi.

Il se retira pendant 37 jours dans le sanctuaire de Kanado. Une nuit, un messager divin lui apparut en songe sous la forme d'un enfant qui lui dit : « Trouve le plexus solaire avec un bâton rond. » S'inspirant de ce message céleste, Gonnosuke confectionna une nouvelle arme, c'était un simple bâton mesurant environ 30 cm de plus qu'un sabre moyen. Le  était né.

Du jō-jutsu au jōdō

Le jō-jutsu fut changé en jōdō (voie du bâton) par Me T. Shimizu peu après la guerre du Pacifique, et fut mis tout d'abord à disposition des forces de police.

Pratique

Le jōdō se pratique à deux. L'un des partenaires manie un sabre en bois (bokken), représentant le sabre long (tachi), l'autre le . Les mouvements sont réglés sous la forme de katas. Le jōdō se pratique le plus souvent dans le cadre d'un dojo, plus rarement en plein air. Sa pratique ne nécessite pas de qualités athlétiques particulières. La plupart des clubs acceptent les pratiquants à partir de 14 ou 15 ans, et sans limite d'âge supérieure.

L'intérêt du jōdō réside essentiellement dans l'acquisition de la maîtrise de soi par le contrôle du geste le plus économique, parce que le plus simple, le plus pur, le plus adapté et le plus efficace, pour contrer une agression.

L'apprentissage se fait par l'étude des gestes fondamentaux dans le maniement du bâton, dans le vide tout d'abord (Kihon tandoku) puis face à un partenaire (Kihon sotai). Vient ensuite le travail à deux en opposition, chacun des partenaires jouant à tour de rôle l'agresseur, et l'autre adaptant à l'attaque la réplique codifiée qui convient.

 

Matériel

La tenue du jōdō est similaire à celle des autres arts martiaux japonais. Elle se compose d'un keikogi (veste et pantalon) en coton bleu, d'un hakama et d'un obi.

L'armement est composé d'un , bâton de 1,28m de long et de 2,4cm de diamètre, en bois très résistant, habituellement le chêne blanc du Japon, ou le ramin, et d'un bokken, sabre de bois.

 

Bo Jitsu, l'art du bâton long à deux mains,

Le bō-jutsu (棒術?) est un art martial japonais qui enseigne le maniement du bâton long () par opposition au jō-jutsu qui est, quant à lui, la technique du bâton court. Le bō-jutsu est étudié séparément ou bien en complément des disciplines à mains nues Karaté ou Aïkido, ou comme partie intégrante d'un système d'armes kobudo ou kendo.

Le maniement du bō est semblable à celui du bâton long utilisé au Moyen Âge en Europe par les paysans. Le bâton le plus utilisé était le Rokushaku-bo1. Au Japon, on le pratique sans protection particulière, mais les "assauts libres" sont généralement absents.

L'entraînement est basé sur l'apprentissage des Kata, séquences de combats codifiées contre un ou plusieurs adversaires, d'abord seul, puis avec des partenaires.

Les moines guerriers du xvie siècle en firent leur discipline de prédilection.

À l'époque des Tokugawa (1603-1838), le bō en bois fut utilisé par la police shogunale pour affronter les brigands armés de sabres.

Kyu Do, le tir à l'arc long (à pied ou à cheval), 

Le kyūdō (弓道litt. « la voie de l'arc »?) est un art martial Japonais (budō), issu du tir à l'arc guerrier (kyūjutsu).

Cette discipline se singularise de sa contrepartie occidentale par les influences mélangées propres à la culture japonaise: le zen, le Confucianisme, mais aussi le taoïsme et shintoisme.

Le kyūdō est une des voies martiales japonaises, cherchant le développement de la discipline du corps et du groupe, par la maîtrise des gestes et le respect de l'étiquette  (rei (礼?). Le pratiquant recherche un mouvement parfait, pour pouvoir transcender à la fois l'esprit et le corps. Le principe consiste à percer une feuille de papier servant de cible, avec un minimum de tension musculaire et un maximum d'énergie spirituelle, ki. La gestuelle esthétique résulte d'une chorégraphie codifiée. Atteindre précisément la cible est la conséquence de l'équilibre correct d'un corps et d'un esprit disciplinés et harmonisés. Le deuxième pendant de cette discipline est le développement du tir dans un comportement social entre archers, c'est-à-dire l'étiquette : un tir ne se déroule pas sans qu'un archer ne tienne compte du contexte, de l'environnement et des personnes présentes.

et d'autres armes encore, comme la Naginata (hallebarde), etc.

Ju Jitsu : Très connu dans le monde de la "self defense", ce n'est donc plus vraiment un "art", même s'il s'enracine probablement dans la lutte chinoise (Shuai Jiao). Il s'agit d'un mélange de techniques de corps à corps s'articulant autour du principe d'efficacité et de défense à mains nues contre divers types d'agresseurs (mains nues, armes blanches ...).

Judo, variante de compétition sportive, réglementée, épurée des techniques de frappe, qui vise des objectifs de maîtrise et contrôle de l'adversaire au sol, à l'instar de la Lutte. Discipline olympique depuis 1964.

Sumo : Une forme de lutte entre des protagonistes obèses et surpuissants (reconnaissables à leur tenue réduite à un ''string'' et un bandeau crânien ou un chignon, souvent vénérés comme des Demi­Dieux par la population locale), où l'objectif est davantage d'amener l'adversaire hors de l'aire de combat plutôt que le combat au sol

. Nanbu Do et Yoseikan Budo : Deux synthèses modernes des divers arts japonais (respectivement par Maître Nanbu et Maître Mochizuki), incluant techniques externes, internes, armes ... Ils se distinguent par des tenues également différente des tenus classiques d'arts martiaux japonais (respectivement veste souple et pantalon bouffant ou veste bleue et pantalon blanc à liseret bleu). L'aspect traditionnel peut y apparaître presque davantage marqué que dans des arts plus anciens, marquant une volonté de retour aux sources après des siècles de modernisation et de "libéralisation" des arts martiaux, qui ont ainsi perdu une partie de leur essence (notamment l'aspect disciplinaire).

Remarques :

Ne pas confondre Tai Jitsu avec Nin Jitsu (ou Ninjutsu), ce dernier terme désignant l'ensemble des techniques des Ninja, au delà de l'art martial, ce qui inclue la survie en extérieur, camouflage, infiltration, natation, escalade, etc. Le Tai Jitsu n'est donc qu'une infime partie du Nin Jitsu. Le Tai Jitsu n'a par ailleurs rien à voir avec le Taiji Quan chinois, ce dernier étant cependant connu et pratiqué au Japon sous le nom de Tai Ki Ken. Okinawa­Te est un terme signifiant ''l'ensemble des arts martiaux d'Okinawa'', c'est­à­dire pour l'essentiel le Tai Jitsu, les styles anciens de Karate Do et le Ko Budo. Autres erreurs fréquemment commises : ­ un Kimono est un "pyjama" ou plus généralement une tenue "civile" ; la tenue "martiale" japonaise est le Keiko Gi (ou plus spécifiquement Judo Gi ou Karate Gi ; en Ai Ki Do, le "pantalon" ample est appelé Hakama) ; ­ Shuriken ne désigne pas les "étoiles de lancer des Ninja" ; ces dernières sont en fait des Shaken ("roue qui tranche"), tandis que Shuriken désigne plutôt les grosses fléchettes de lancer (de toutes petites dagues très effilées, souvent terminées par un petit ruban ou une plume).

KORÉE

Taek Yon : Un style extrêmement acrobatique et aérien, souvent qualifié ''d'escrime du pied'', et relativement peu connu. Reconnaissable aux tenues amples aux accessoires complexes (ceintures, bandeaux, capes ...). Il puise probablement ses sources dans certains styles de Kung Fu du Nord. La forme moderne  dérivée de ce style est beaucoup plus connue :

Tae Kwon Do, bien que très axé sur les coups de pied, des techniques de frappe du poing sont venues l'enrichir, visiblement empruntées au Karate, et sont surtout enseignées à des fins de "self defense" (enseignement obligatoire pour les militaires Koréens), mais sont peu utilisées en compétition sportive. Reconnaissable aux tenues similaires aux tenues japonaises mais avec un col en V au lieu du rabattant croisé. Discipline olympique depuis 2000 (en démo depuis 1988).

Hapkido : Encore une synthèse moderne entre arts chinois et koréens, incluant le travail des énergies internes (à l'instar de l'Ai Ki Do). Reconnaissable aux tenues décorées de motifs entrelacés (carreaux, losanges ...).

THAÏLANDE

Muay Thay : Un art martial dont les origines me semblent à nouveau liées à la Chine bien que le rapprochement avec des formes de Kung Fu du Sud sont moins évidentes que pour le Viet Vo Dao par exemple. La particularité des techniques de frappe de cet art est de beaucoup utiliser les articulations (coudes et genoux) à la place des extrémités (poings et pieds), ce qui explique probablement la relative absence de techniques de lutte (les articulations restent efficaces à très courte portée).

Boxe Thaï(landaise), à nouveau une déclinaison compétitive, réglementée. Bien que pouvant être confondue avec la Boxe Française (utilisation des bras et jambes), on voit tout de suite la différence ; en outre la Boxe Thaï préfère la parade voire la résistance brutale là où les autres Boxes préconisent l'esquive. Reconnaissable à la tenue réduite à un ''short boxer'' et un bandeau crânien (artefact religieux) ; les pieds sont nus.

INDE

Kalari Payat Vashra Mujti ou Varma Kalaï ou Rajah Kalaï : Certains disent qu'il s'agirait du plus vieil art martial du monde, celui­là même dont Bodhi Darma se serait inspiré quand il importa le Kung Fu en Chine ... C'est un art complet, portant sur l'efficacité à mains nues et à l'arme blanche (essentiellement les poignards, mais aussi sabres, lances, bâtons, haches, boucliers ...). Il était à l'origine réservé aux nobles (Rajah), enseigné par des professeurs (maîtres d'armes) et des sages (Guru) ; cela incluait aussi des techniques de combat monté (à dos d'éléphants et de chevaux), ainsi que la maîtrise du ''char'' ; on distinguait le Mandram (combat), le Tandram (stratégie, tactique, diplomatie), le Vaïtiyam (médecine), le Veda Agamaïmkal (code civil et religieux) et le Yoga Asana Kalaï (méditation, relaxation).

EUROPE

Savate : Art de combat qui date en réalité de la marine royale, où les marins avaient développé des techniques de jambes tout en s'accrochant des mains au bastingage pour maintenir leur équilibre malgré la houle (ou en s'accrochant au mobilier des bars lorsque c'était l'ivresse qui menaçait l'équilibre ?!). Cet art d'abord donc associé à la ''racaille'' s'est ensuite répandu au sein de la noblesse pour devenir un art de gentleman, associé à une certaine forme d'escrime au bâton court appelé la Canne.

Boxe Française, variante sportive, épurée des techniques de lutte et d'étranglement, se pratiquant sous forme d'assauts simples (comptage aux points) ou de boxe ''full contact'' (comptage aux points ou au KO). Reconnaissable à la tenue intégrale et moulante de type ''débardeur'', rouge ou bleue, avec chaussons, gants et parfois casque.

Boxe Anglaise, il est probablement simpliste de penser qu'elle n'est qu'une variante de la Boxe Française à laquelle on aurait retiré les techniques de pied. La frappe du poing y semble plus ''percutante'' que ''transperçante''. Tenue réduite à un ''short boxer'', chaussures montantes, gants et parfois casque. Discipline olympique depuis 1904.

Pancrace : Art de combat des lutteurs de l'antiquité. Lutte (libre ou gréco­romaine), variantes compétitives modernes se pratiquant sur une aire circulaire. Tenue composée d'une combinaison intégrale moulante de type ''débardeur'' et ''short''. Disciplines olympiques depuis 1904.

BRESIL

Capoeira : Cet art aurait été créé par les bagnards et esclaves brésiliens d'origine africaine (Angola pour l'essentiel). Le but était de pouvoir s'entraîner au nez et à la barbe de leurs gardiens, c'est pourquoi cet art est déguisé sous une forme dansante, accompagnée de musique traditionnelle (cordes et percussions). Le rythme de cette dernière est censée imposer le rythme des protagonistes ainsi que certaines variantes des ''règles du jeu'' (on parle réellement de ''jeu''). Très connue pour ses coups de pieds acrobatiques et contorsions impressionnantes. L'aire de ''jeu'' est définie par les autres protagonistes en attente, qui battent le rythme des mains et forment la ''ronde''. Tenue composée d'un T­shirt sans manche et d'un pantalon droit aux couleurs et décorations rappelant le brésil ou l'afrique.

U.S.A.

Jeet Kune Do : De son nom original chinois Jié Quán Daò (''art d'intercepter le poing''), il s'agit d'une synthèse moderne réalisée dans les années 1970 par l'acteur américain d'origine chinoise Jun Fan (alias Bruce Lee), à partir de styles de Kung Fu du sud (essentiellement le Wing Chun), de styles Japonais et Coréens incluant la pratique de certaines armes (notamment le Nunchaku), ainsi que de boxes anglaise et française. Cet art prône l'efficacité par la rapidité des attaques et des contre­attaques : attendre le moment où l'adversaire attaque, car c'est à ce moment que ses défenses sont les plus faibles, et attaquer plus vite que lui pour briser son énergie. 

Deux courants actuels se séparent entre :

Original Jun Fan Gung Fu, qui semble être la pure conservation de l'art de Bruce Lee, mais paradoxalement la moins authentique puisque Bruce Lee lui­même souhaitait que son art ne soit pas figé ;

JKD concepts, qui s'associent à d'autres arts pour poursuivre l'oeuvre de synthèse évolutive de Bruce Lee (ex : JKD­Jujutsu, JKD­Kali, etc.).

Kickboxing ou Full Contact ou Free Fighting : Cadres de compétitions modernes cherchant à se rapprocher le plus possible (et le plus stupidement ?) du combat réel, contrairement à la plupart des autres formes sportives où l'on s'arrête entre chaque touche (assauts), ou bien où les risquent sont plus ou moins limités par l'interdiction de certaines techniques et/ou la protection de certaines zones du corps, ou encore comme au Judo où l'on ne cherche pas le KO mais l'immobilisation de l'adversaire

INDONESIE

Pençak Silat : Le Penchak-Silat, d'origine Indonésienne, a été importé en Europe par Maître Turpijn. Charles Joussot Convaincu de l'éfficacité de cette discipline demande a Maitre Turpijn de lui enseigner cet art et devient le seul représentant en France du Penchak-Silat. Ce dernier va adapter les techniques à notre société actuelle et devient le référent mondial pour les services d'ordre, groupe d'intervention, monde de la sécurité, garde du corps, et. Il crée ensuite une fédération internationale qu'il appellera FISFO et il est actuellement présent partout dans le monde.

Kali Arnis Escrima :

 

La pratique se divise en trois parties dans l'école "Arnis Korédas Obra Manomalis" (les termes changent suivant les écoles et suivant les époques : à l'époque moderne des termes espagnols sont remplacés par du tagalog par souci d'exotisme et pour paraitre plus anciens…)

 

  • la répétition des techniques de base, muestracion, ou pandalag ;
  • l'assaut conventionnel, sanga at patama ou obra tabak ;
  • le combat libre, larga mo iton ou labanang totohanan.

 

L'enseignement reprend la méthodologie originelle de l'eskrima philippine, avec ses notions d'angles et de concepts géométriques mais également des techniques martiales européennes (alors même que celles-ci ont parfois disparu en Europe). La maîtrise du bâton devant conduire le pratiquant à se familiariser avec différentes armes comme le couteau ou l'épée mais également au combat à mains nues et ses différents secteurs comme le panantukan (boxe des poings), le pananjakman (boxe des pieds) ou le dumog (lutte).

 

En fonction des ethnies et des zones géographiques, de nombreuses écoles se sont créées et affrontées depuis les années 1930. Les combats meurtriers entre les champions d'eskrima s'appelaient des patayan. Ils furent interdits par les Américains dans les années 1950. Ce n’est qu’en 1969 que l'existence des arts martiaux philippins a été révélée au public occidental par Donn F. Draeger et Robert W. Smith dans Asian Figthing arts. En 1980Dan Inosanto présentera un ouvrage sur les arts martiaux philippins qui touchera un large public. C’est aussi à partir de cette époque que l’on commence à désigner cet art martial sous le nom de « kali ». Ce terme avait été choisi comme le nom originel de l’eskrima par Dan Inosanto, bien que son étymologie fut incertaine. Le succès du « kali » poussa ainsi de nombreux maîtres eskrimadors à changer le nom de leur système afin d’être plus commerciaux…

 

En 1994Mark V. Wiley écrit un article fondateur dans le Journal of Asian Martial Arts. En 1996, Mark V. Wiley publie le livre de référence sur l'eskrima : Filipino Martial Culture. Ce qui frappe à la lecture de cet ouvrage c’est l’incroyable capacité d’invention des maîtres eskrimadors capables de « réinventer » en permanence leur art martial à partir de données communes, puis de les adapter au monde moderne en les confrontant aux autres arts martiaux. Bien que le terme soit quelque peu galvaudé, on peut définir les arts martiaux philippins comme appartenant à un système martial « dynamique », construit principalement pour affronter des systèmes inconnus. Cette qualité se traduit cependant par une complexité pédagogique qui fait autant appel à la dextérité, qu'à la réflexion et la capacité de synthèse.

RUSSIE

Sambo : 

Le Sambo a été créé par les services secrets de l’ex URSS pour les besoins de l’Armée rouge et de ses commandos spéciaux, les « Sokoli Stalina » puis les « Spetsnaz ».
Il évoque pour la majorité des gens une danse (confusion avec la samba), peut-être un spectacle, rarement un sport de combat. Et pourtant le Sambo est le résultat d’une étude approfondie des différentes formes de combat existantes dans le monde, une sélection des meilleures techniques de défense, ayant pour seul critère l’efficacité.

Le Sambo Sportif :
Le Sambo Sportif regroupe plusieurs techniques de saisies, de projections, de lutte corps à corps, des techniques d’immobilisation, de soumission et de clés de bras et de jambes (à partir de la catégorie cadet). Il se pratique dès le plus jeune âge.Pour les combattants en quête d’une bonne condition physique générale dans un respect prononcé de l’esprit sportif, le SAMBO SPORTIF est idéal.

 

Le Sambo Défense :
Le Sambo Défense, comme son nom l’indique, ne doit servir qu’à la protection de soi-même ou d’autrui, en cas de danger immédiat, et rester éloigné de toute intention belliqueuse. L’entrainement sert à développer des réflexes de défense adaptés au danger qui peut menacer un individu, dans une situation de contrainte, des réflexes qui font appel à l’instinct de survie.

 

 

Le Sambo Combat :
Le Sambo Combat reprend toutes les techniques « pieds/poings » des différentes boxes les plus connues (boxes anglaise, française, américaine et thaïlandaise), les techniques de corps à corps avec des saisies et diverses projections et clés qui ont pour but la neutralisation de l’adversaire. Ne se pratique pas avant la catégorie junior. Même tenue qu’en Sambo Sportif plus des protections adaptées à la frappe: coquille , protège dents casque protège poitrine pour les filles, protège tibias, gants à doigts ouverts. Le SAMBO Combat est donc une forme de combat complet et réaliste,
une synthèse de tout ce qui peut se faire dans la pratique des arts martiaux, comme le MMA aujourd’hui.

 ISRAEL

Krav Maga:

Le Krav Maga est le système de self-défense et de combat au corps-à-corps le plus performant et réaliste disponible de nos jours.

Il jouit d’une reconnaissance internationale de la part d’experts en arts martiaux et d’instructeurs de combat et est considéré comme une méthode de combat et de self-défense pratique, efficace et innovatrice.

Originellement développée par le grand maître Imi Sde-Or (Lichtenfeld)pour les Forces de Défenses Israëliennes (IDF) et les autres services de sécurité nationale, le Krav Maga a été depuis adapté pour les besoins d’une utilisation civile.

La méthode a été conçue de sorte que toute personne, jeune ou plus âgée, homme ou femme, puisse l’utiliser avec succès indépendamment de ses capacités physiques.

Le Krav Maga est un systême de self-défense caractérisé par sa simplicité. Tout le secret de son efficacité réside dans des techniques naturelles aisément acquises grâce à des méthodes d’entraînement modernes et sophistiquées combinées à des tactiques de défenses logiquement structurées.

La réalité quotidienne de l’Etat d’Israël a amplement donné l’occasion à l’Ecole du Krav Maga d’être testée dans des conditions réelles bien plus dangereuses que le combat de rue ordinaire.

Nom du styleOrigineCaractéristique
Aikibudo Japon Sutemi avec clé
Aikido Japon Tai Sabaki
Bersilat Malaisie Mouvements animaux
Boxe Angleterre Coup de poing
Boxe française France Coup pied fouetté
Capoeira Afrique-Brésil Gymnastique jambes
Qin Na Chine Luxations aux bras
Hapkido Corée  
Hwarangdo Corée  
Jeet Kune Do États-Unis Interception
Jujutsu Japon Atemi, projection
Jiu Jitsu Brésilien Brésil Ne Waza
Judo Japon Projection
Kalaripayat Kerala Inde Points vitaux
Kappô Japon Kuatsu (Réanimation)
Karaté Kyokushinkai Japon Gari Waza
Karaté Shotokan Japon Atemi direct
Quan Fa Chine Atemi multiple
Kickboxing États-Unis  
Kirpinar Turquie Pick-Up
Hong Jia(Hung Gar) Chine Mouvements animaux
Lutte Gréco-Romaine Grèce Souplesse arrière
Muay Thai Thaïlande Coudes et genoux
Ninjutsu Japon Armes spécifiques
Ninpo Japon Kyusho
Pentjak Silat Java Indonésie Couteau
Pokulan Indonésie Style Wushu
Qwankido Viêtnam Voie du poing et énergie
Sambo U.R.S.S. Clé de jambe, pick up
Savate France Coup jambe tendue
Seifuku Jutsu Japon Kuatsu (Réanimation)
Shorinji Kempo Japon Zen et atemi
Ssi-reum Corée Lutte
Sumo Japon Poussée et traction
Tae Kyon Corée Ancêtre du Taekwondo
Taekwondo Corée Coup de pied
Taijutsu Japon Ne Waza
Taihojutsu Japon Police mise aux arrêts
Taiji Quan Chine Mouvements lents
Tang Soo Do Corée Variante du Taekwondo
Thaing Birmanie Autodéfense
Vajramushi Inde Coup de poing en fer
Viet Vo Dao Viêtnam Ciseaux à la tête
Wushu Chine  
Yawara Japon Ancêtre du Jujutsu
Yoseikan Japon