Le Maillon Manquant

On sait bien que, dès que l'historien tente d'aller au-delàndu début du XXème siècle, ce qu'il exhume de l'évolution de l'art de la "main vide" (traduction de karaté), de ses lointaines origines à nos jours, doit être analysé avec prudenceet soigneusement confronté aux sources d'information déjà existantes. Toute assimilation hâtive, dans l'enthousiasme que ne manque jamais de déclencher une nouvelle découverte en ce domaine , peut mener à des déductions fausses eet lancer le chercheur dans une mauvaisedirection d'oùil lui sera difficile de revenir.

Surtout que certaines directions sont si tentantes... La plus grandes circonspection, donc,est de rigueur dès que l'on plonge dans l'histoire de l'Okinawa-teou du Ryûkyû Kempôau siècle dernier. À partir de là,peu de points peuvent être hitoriquement prouvés puisqu'il n'existait alors pas de transcription fiable, que tout reposait sur le secret des styles, la rivalité des hommes, la tradition orale. Seules des probabilités peuvent, raisonnablement, émerger d'un corset de (petites) histoires et de légendes...

Et puis, voici que l'on redécouvre le BUBISHI !... Soit LE document, du texte et des illustrations, référant aux connaissances des arts martiaux chinois traditonnels et inspirateur des plus vieilles école de l'Okinawa-te, qui le mentionnentnde plus en plus volontiers ces dernières années en tant que source précieuse de leur savoir faire actuel. le document en questionest daté entre cent-vingt et trois cents ans... Authentique. Du plus grand intérêt , providentiel, car voilà que se profile mieux le pont que l'on devinait entre la Chine et l'île d'Okinaawa, par lequelnentraitndean les îles Ryûkyû la science du combat à mains nues, dont les racines menaient au célèbre monastère Shaolin. Le "maillon" manquant de la chaîne de la transmition... Le Bubishi, même s'il est loin de dire tout sur tout, est tout de même un considérable pas en avant dans la connaissances des origines et des composantes du Karaté-dô.

Il est aussi , au-delà une bouffée de e Merveilleux qui imprègne la vie de ces vieux maitres d'Okinawa qui laissèrent, avec une rare passion, un héritgage technique et culturel dont nous n'avons pas finide découvrir la densité. Ce manuscrit, quantité de fois recopié avec lemême soin , est aujourd'hui le document d'archive incontournable pour tout ceux qui veulent de quoi est fait, en profondeur, le karaté qu'ils pratiquent aujourd'hui. Qu'ils soient toutefois prévenus; même cette souce-là, quoique indispensable et irremplacable, n'étanche pas complètement la soif de savoir, enfin , par le menu. Mais même sice petit livre, compilation technique, historique et phylosophique, sur la voie du combat à mains nues, n'est pas à proprement parlr un manuel pratique de bout en bout, les coups de projecteur qu'il donne sur les racines de l'art, aussi bien théorique que pratiques, en font indiscutablement un document aussi exeptionnel que le fameux  "Art de la Guerre"de SUNzu ou le non moin célèbre "Livre des Cinq Roues" de Miyamoto Musashi

Il me semble ici important et juste de préciser que si le Bubishi, si longtemps inconnu (ou tout au moins méconnu par ceux qui, au Japonou à Okinawa, avaient accès au document), bénéficie actuellement d'un regain d'intérêt auprès des spécialistes (et il y a fort àparierque beaucoup de choses vont être écrite sur le sujet dans les prochains temps, avec les classiques exagérations et erreurs d'interpretation), c'est en très grandepartie à Tadahiko Ohtsuka Sensei qu'il le doit. Fondateur et directeurdu Gojukensha de Tokyo, il est l'un des maitres japoanis actuel concacrant tous ses efforts à la recherche et à la reconstruction des racines du Karate-dô sous sa forme ancienne. Grace à l'appui de Yang Ming-shi Sifu et des maite okinawaiensTokashiki Iken Sensei et Shimizu Mie Sensei, Ohtsuka Sensei réalisa le première traduction du Bubishi en langage Japonais actuel.

Il m'a parlé de ce document il y a plus de trente ans déjà, sans qu'alors je n'ai puavoir l'occasion d'en apprécier réellement tout l'intérêt, puis,il m'a régulièrement tenu au courant de ses recherches et de ces publications sur le sujet. Je le prends pour l'autorité acutelle indiscutable sur le Bubishi au Japon. Certes, d'autre copies et manuscrit d'origine existentdans le fond sd'archives hérité de vieux maitre d'Okinawa, Chine ou Taiwan. C'et toutefois maitre Ohtsuka qui fit don de son travail au grand public. C'est encore à lui que l'on doit une étude remarquable sur la transmitionTao chinois/Koshiki-kata d'Okinawaavec la redécouvertre d'un très ancien kata chinois de la province du Fujian (Fukien), qui est cité par le Bubishi, et qui apparait comme le tronc commun de tous les katas respiratoires actuels du Gojû-ryû: Happoren-no-kata. C'est avec son autorisation et sur son incitationque j'ai entrepris, d'abord dans mon premier ouvrage karatédo koshiki no kata (Ed.Emphora ,1994 épuisé), puis dans ce livre, de prendre où et chaque fois que je le pourrais le relais de la diffusion de ces découvertes inestimables.

Que le maitre, et l'ami qu'ilest devenu, soit ici remercié pourson exceptionnelle contribution à la connaissance de la tradition

BUBISHI À LE SOURCE DU KARATÉ OU LA BIBLE DES ARTS DE LA "MAIN VIDE"

Il y a un vieux proverbe japonais qui dit à peu près ceci :


« En peignant un tigre on peut peindre la peau mais pas les os« .

Quand on pratique un style de karaté, on est souvent convaincu que c’est le meilleur style.
Mais le style n’est pas tout. Si vous n’y prenez pas garde, il ne peut devenir que la peau du tigre. L’apparence du vrai karaté.

Le style, le grade, ne seront rien si un jour vous vous retrouver au pied du mur. C’est ce que vous serez qui comptera. Ce que seront vos os, vos muscles, votre esprit et votre mental.
C’est ce que vous ferez, ce que vous serez qui comptera.

Par conséquent, quel que soit le style de karaté que l’on pratique, il faut forcer, avoir le sentiment de n’avoir jamais autant forcer ni souffert … Avoir la sensation de grignoter quelque chose de plus à chaque entraînement. Surtout quand on a la chance d’avoir des maîtres qui transmettent et qui démontrent.

Avancer sans cesse en connaissances est aussi important en karaté qu’en vélo … si on arrête de pédaler on tombe. Et en karaté on peut tomber dans le « sommeil » si l’éveil n’est pas présent à chaque entraînement. L’éveil de l’esprit, la curiosité que nous devons avoir pour comprendre et aller toujours un peu plus loin dans l’apprentissage.

Cela rend les os forts, l’esprit fort, plus que les muscles que l’on surestime toujours.
Les cellules des muscles meurent et se renouvellent. Il faut les éduquer sans cesse.
Par contre les cellules du cerveau sont les seules du corps à ne pas mourir, et un esprit fort, intuitif, reste et se fortifie sans cesse.

Oss !

 

 

BUBISHI à la source du karaté

Nous devons être en harmonie et non combattre les lois fondamentales de l'univers. Cela veut dire que nous ne devons rien faire qui n'est pas naturel ou spontané ...

Ses origines: Du premier au second Bubishi

Ses origines: Du premier au second Bubishi

 Il y a en réalité deux souvrages intitulés Bubishi, qui ont vu le jour dans le FUJIAN,mais à des époques différentes et aux volumes très différents. Le second, beaucoup plus succinct , est cependant celui qui est le plus intéressant dans ses propos. Son contenu doit beaucoup au premier

Le premier Bubishi est un vér, illustrations, technique itable monument publié sous la dynastie Ming (1366-1644) par Mao Yuanyi en 1621. Après un travailde compilation de quinze ans , l'auteur réalise une synthèse gigantesque de tout ce qui touche à l'art de la guerre, collectif et individuel: stratégies, manoeuvre, cartes, illusrations, techniques individuelles de combat avec ou sans armes... Un ouvrage de 240 chapitres, dont il subsiste aujourd'hui quelques copies.

Concernant les techniques de combat rapproché, avec ou sans armes, les 32 positions de combat (soit 16 figures à deux personnages) sont à la fois très proches de celle déjà publiées en 1561 dans le fascicule "Ji Xiao Xin Shu ("Kiko Shin Sho", en japoE LA GRUE BLANCHE (me ms à l'index sous la dynastie Qinq (1644-1911) car il pouvait nourrir l'espoir de la résistance aux nouveaux maitres de l'Empire du millieu.

Quand au second Bubichi, celui du XIXème siècle, qui se retrouvera à Okinawa dont il isnpirera peu ou prou, les techniques de combat rapproché , il est construit autour du style de combat dit du HÉRON BLANC, ou de la Grue Blanche (Bai-he-quan), originaire du village de Yongchun, province de Fujian, plus que celi sur les moines du Shaolin. cela ressemble beaucopà un produit local,étoffé de connaissances rassemblées à partir de sources diverses et plus lointaines.

Les dessins partiels, imprécis ou frustre de cette ouvrage, ainsi que certaines transcriptions douteuses de caractères chinois anciens , exigent du lecteur de cet ouvrage déjà une bfotre bonne connaissances des techniques auxquelles il est fait allusion. 

Par exemple, le passage consacré aux herbes médicinales et à leur utilisation concrète pour maintenir ou retrouver sa vitalité après une blessure part visiblment du principe que celui à qui l'ouvrage tombe entre les mains est déjà fortement familiarisé avec une grande variété d'espèces et de décoctions.

On comprend dans ces conditions , qeuel danger il peut y avoir à mal ou insuffisamment, interpréter ce chapitre du Bubishi...

De mêmeen ce qui concerne les explications des attaques des points vitaux. Les propos faisant allusion au "coup mortel", ou à la "main empoisonnée" (Dian-xue, ou Tien-hsueh en mandarin, Dim-mak en dialecte cantonnais) sont assez obscurs. Là encore, on ne peut pas faire grand chose des éléments fournis par le Bubishi si la technique n'est pas correctement et conjointement décortiquée par un expert / encore ne garantie pour le vrai mode d'emploi reste secret ....

Le Bubishi ne serait donc qu'une sorte de mémento ? Puisque rien n'y est vraiment explicité, seul ceux qui sont "prêts" peuvent saisir le message .Et les autres ne pourront pas réellement en faire un mauvais usage.

Le Bubishi est fait d'un tissu d'informations discontinues. Aux premiers, il permet de vérifier ce qu'ils soupçonnent déjàleur indique une direction de recherche , pose de nouvelles questions. 

Aux autres, il ne "dira" rien... Comme un tableau de maitre qui "parle" à des degrès différents selon qu'il est abordé par tel spectateur ou par tel autre. Il y a quelque chose d'initiatique dans le Bubushi du Fujian... Un ensemble de précautions normales pour , la première fois dans l'Histoire, essayer de transmettre "savoir guerrier" dangeureux.

 

BUBISHI à la source du karaté

 

BUBISHI à la source du karaté

Le Bubishi est un ouvrage mythique des arts martiaux: c'est l'ouvrage qui fait le lien entre le karaté et le kung-fu; c'est l'ouvrage fondateur du karaté-dô.

Dans la quête de leur recherche, les historiens des arts martiaux ont établi en Chine méridionale, dans le groupe du Fujian, le berceau de ce qui deviendra le karaté.

C'est là qu'est apparu le Bai He Quan (boxe de la grue blanche), école de kung-fu qui tire ses techniques de l'observation des attitudes de cet oiseau magnifique, techniques que l'on retrouve jusque dans kes mouvements du karaté actuel.

Le Bubishi est un ouvrage rare, transmis de main de maitre à main de maitre. Maintes fois recopié, il présente en dessins l'essence de l'art de ce que les Okinawaïens appelaient le Tô-de, la main de la Chine. 

Ces dessins sont des repères inestimables, précis et précieux, pour qui sait lire, comparer, réfléchir et extrapoler. C'est ce que propose l'auteur, Roland Habersetzer, personnalité des arts martiaux français, un des plus haut gradés et hauteur de la plus grande oeuvre en langue française: Plus de soixante-dix ouvrages qui font référence dans le monde entier 

Sois toujours prêt à libérer ton esprit.

Le Karaté commence et se termine dans la courtoisie

Le manuel philosophique Wubei Zhi ou Bubishi en Japonais


L'essence du karaté Wubei Zhi ou Bubishi

Le premier Wubei Zhi :est un traité militaire chinois, publié en 1621 par Mao Yuanyi (茅元儀, 1594-1640?), un officier pendant la Dynastie Ming.

Ce Wubei Zhi est composé de 240 volumes, soit plus de 200 000 caractères chinois, ce qui en fait le plus long texte de l'histoire chinoise concernant les affaires militaires. Le Bubishi 武備志 , que l’on trouve à Okinawa se nomme l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 . C’est un manuel philosophique et technique de la boxe du sud 南派拳法の教本 Ce manuel, n’est en fait qu’une copie de mauvaise facture d’un agrégat d’ouvrages beaucoup plus anciens et dont le contenu n’a pas grand chose à voir avec le « Bubishi  » original (en Chinois → » wǔ bèi zhì  武備志 (武备志)之明天启元年南京刻版 → Annales de la préparation au combat ) → Ce manuel-là  date de 1621 et comporte en tout, la somme astronomique de 240 chapitres (10405)Ces chapitres sont étalés sur plusieurs volumes. Le compilateur du Bubishi 武備志 Serait un militaire de haut rang dénommé Máo Yuányí 茅元儀 (1594-1640) mais il parait à peine concevable qu’un seul homme est pu rédiger ce monument à lui tout seul. Máo Yuán yí 茅元儀 devait certainement disposer d’une équipe de scribes à son service.  Mao Yuanyi ⇒ 茅元儀 ( 茅元仪) -1594-1640 – 字止生,号石民,又署东海波臣、梦阁主人、半石址山公,浙江归安 ⇒ Wuxing/Huzhou/Zhejiang 今浙江吴兴 人

 

Les chapitres abordent toutes les techniques et activités militaires de l’époque : armes, armures, disposition de combat, matériel de siège, retranchement, défense terrestre et maritime, fortification, communication, balistique, topographie etc. Quelques chapitres seulement abordent le sujet du  combat à main(s) vide(s) « karaté 空手 » , dans le sens chinois du terme , celui de  » main(s) vide(s) =  SANS ARMES  ⇒  désarmé ; kòng shǒu   » alors que le contenu de l’ Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 lui, est axé sur le Kempō 拳法 ( la boxe chinoise du sud 南派拳法;  boxe de la grue blanche 白鹤拳又名永春白鹤拳  À vrai dire de trois styles qui sont : la boxe  « bái hè quán 白鶴拳 (fēi hè quán  飛鶴拳) » ,  la boxe  »  dòu hè quán 闘鶴拳 » et la boxe  » yóu hè quán  遊鶴拳  » )

Le second Wubei Zhi : compilation de textes d'arts martiaux est un autre ouvrage chinois intitulé Wubei Zhi (ou Bubishi en japonais), traite des traditions de boxes du Fujian, notamment des styles de la Grue Blanche de Yongchun et de la boxe des moines. Celui-ci date probablement du milieu ou de la fin de la Dynastie Qing (1644-1911), soit le xviiie ou xixe siècle. Il contient des diagrammes anatomiques, des essais philosophiques, des stratégies de tactique défensive, et des poèmes. L'auteur de l'ouvrage n'est pas connu, et le livre est généralement considéré comme un ensemble de textes de diverses sources rassemblés par un auteur anonyme.

 

L’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 ramené de Chine l’a été (dit-on) par le maître Higaonna Kanryō 寛量 東恩納. « .   L’identique » que nous trouvons actuellement en librairie, n’est pas assuré d’être la copie que Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 a ramené de Chine mais un des exemplaires recopiés à la main par… à vrai dire, on ne sait qui. De ce fait il est plus que probable que de nouvelles altérations ou erreurs se soient encore glissées. Néanmoins et malgré ces nombreux défauts, cet ouvrage a exercé, une influence importante sur les maîtres okinawaïens de todé/karaté de la fin du 19e siècle et du début du 20e.

À noter que, au moins, une des copies anciennes de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備 avait un titre agrémenté d’un idéogramme différent pour l’orthographier ; Le shi de  » Bubishi ⇒  № 1 [武備 ⇒ shi ]  et  № 2 [武備 shi  ] Ces deux idéogrammes se prononcent à l’identique « shi  » mais non pas du tout la même signification  A):

№ 1) shi ⇒ Se préparer, etc.

№ 2) shi ⇒ Notifier, mettre par écrit, etc.

Un exemple parmi d’autres qui démontre bien que la transcription d’une copie à l’autre induisait presque mécaniquement des ratures et des erreurs (même si infimes soient-elles). Une erreur sur le choix de l’idéogramme et le sens profond de la phrase en est irrémédiablement modifié. A) Pour ce qui concerne le choix de l’idéogramme shi à la place de l’idéogramme shi ; il n’est pas impossible , non plus, que cela ait été volontairement fait dans le souci de se démarquer… A2 ) D’après une source orale (?); c’est le maître Mabuni Kenwa 摩文仁賢和 qui aurait nommé cette ouvrage de la sorte (Bubishi 武備) en l’année 1934 lors de la création d’une nouvelle copie; la sienne.

 

À noter : Il est plus que probable que le maître Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 ait accédé à cet ouvrage par le biais de la famille Yoshimura 義村.  Le père de famille; Yoshimura Chōmei明義村 朝 (1830-1898) était leader politique influent, conservateur et nippophobe 反日派 alors exilé à Fuzhou 福州 ( Chine 中国 ). Yoshimura Chōmei 義村 朝明 possédait à Fuzhou 福州 une importante bibliothèque de livres chinois. En 1933, le fils de Yoshimura Chōmei 義村 朝明 ; Yoshimura Chōgi 義村朝義 se rendra en Chine pour récupérer la collection de plus de 800 ouvrages de son père et la ramener au Japon malheureusement, cette superbe collection a propablement été détruite par les bombardements aériens lors de la seconde guerre mondiale.

Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 semble avoir servi de « discret » (pour ne pas dire secret) messager (agent de liaison) au service des membres du parti conservateur le « ganko-tō 頑固党 » (parti okinawïen pro-chinois ) Entres ceux restés à Okinawa et ceux, assez nombreux, exilés en Chine. De là les nombreux voyages qu’il effectue en Chine 中国 Et sous couvert de chercher des débouchés pour son commerce de bois. De fait, Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 aura l’honneur de pouvoir servir de maître de todé/karaté au dernier rejeton de la famille ; Yoshimura Chōgi義義村朝 (1866 –1945) qui lui réside à Okinawa tout près du palais de Shuri 首里城. Chose assez supprenante pour l’époque car Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 n’était qu’un simple roturier de Naha. malgré cela, il finira par être logé pendant une longue période au palais des Yoshimura 義村 à Shuri. Ceci pouvant ainsi expliqué cela. Surtout que c’est juste après cette période de « Shuri » que les élèves affluent à son enseignement donné à Naha 那覇市. Cet épisode de Shuri lui a été profitable sur le plan de la publicité; Un roturier qui enseigne à un noble; c’était loin d’être une chose courante et normale .

 

Au sujet de la provenance de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 , une autre source donne la version suivante :

Un dénommé Kuniyoshi Seikō 国吉世功國吉世功 (Nom chinois → Guó-jí Shì-gōng ) , et descendant (un des) de la communauté chinoise de Kumé 久米村 / ( voir la page suivante : Naha/kumé 那覇久米) en aurait fait la découverte dans le temple « Tensonbyō 天尊廟 « (temple confucéen,) situé dans le quartier de Wakasa à Naha 天尊廟地那覇市若狭 1-25-. Le temple était , à l’origine ( 1671-75 ?), fréquentés par les membres de la communauté chinoise de Kumé 久米村 et dédié à la divinité  » Tenpikū 天妃宮  » protectrice des marins et du trafique maritime. Le temple a été détruit pendant la bataille d’Okinawa 沖縄戦 en 1945 et reconstruit en 1975.

 

Par la suite une copie de cet Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 aurait été tirée ( réalisée à la main) par un dénommé « Aragaki Jinan 新垣仁安(?)  » qui l’aurait ensuite transmis (?) à Miyagi Chōjun 宮城長順.

Cette source semble sujette à caution car le maître Itosu Ankō 糸洲安恒  connaissait le contenu  de  » l’Okinawaden Bubishi 沖縄 伝武備志 « bien avant que Miyagi Chōjun 宮城長順 prenne connaissance de l’existence même de cet ouvrage.

À preuve le fait que, Itosu Ankō 糸洲安恒 a employé les termes de  : « style Shōrei-ryū 昭霊流  » et style « Shōrin-ryū 昭林流  » Termes qui sont tirés de  » l’Okinawaden Bubishi 沖縄 伝武備志 » et qui a eu pour résultat de l’induire en erreur,  du fait de l’altération d’un idéogramme ⇒ en . Altération rendue possible par une succession de copies, toujours, réalisées à la main.  Ce terme de Shōrei-ryū 昭霊流 est une erreur de traduction contenue dans  l’ Okinawaden Bubishi備志沖縄伝武   transformant le Shōrin-ryū 昭林流 en Shōrei-ryū 昭霊流 . Cette erreur provient du choix peu judicieux concernant les caractères chinois 漢字 employés pour transcrire →   Shōrei-ryū : 邵霊流 . Ces derniers passaient du mandarin  官话/ 汉语 → au wu  吴语 / un dialecte chinois 方言  (Une partie de l’Okinawaden Bubishi est écrite en dialècte de 福州 Fuzhou) Cette mauvaise traduction donnait à penser qu’il existait deux styles parallèles alors qu’en fait, il n’y en avait qu’un seul. Cela revient à dire que le style « Shōrei-ryū 昭霊流昭霊流 » écrit avec ces caractères, n’a jamais existé en temps que tel et que les deux termes  « Shōrei 昭霊 Shōrin  昭林 » servant à désigner deux styles différents n’en font en réalité qu’un seul : le Shōrin  昭林流. ⇒少林流

Le Shōrin-ryū 昭林流 (écrit tel quel) se prononce en mandarin ⇒   « shàolín » voire  « zhàolín  »

Le Shōrei-ryū 昭霊流 (écrit tel quel) se prononce en mandarin  ⇒   « shàolíng» voire  « zhàolíng  » ( () ⇒ shàolíng 昭灵) il faut reconnaître que la prononciation, en chinois courant (mandarin), est de nos jours encore assez similaire.

À noter :

1)  que c’est dès 1905 que le maître Hanagusuku Chōmo 花城長茂. a tiré de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 l’idéogramme » Kara/ /vide » qui se trouve dans le texte dit des : » huit importantes sentences du kenpō 拳法之大要八句 » Cinquième sentence philosophique №5 : Shôuféng kong zérù 手逢空則入 → (té ) (kara ) 則入 « C’est la nature physique du vide (kara) qui permet à la main (té )de pénétrer en son sein chaque fois qu’il est présent «  Beaucoup plus tard, en 1929, le maitre Funakoshi Gichin 船越 義珍 s’en est inspiré pour changer les idéogrammes du mot « KARATÉ » passant ainsi de la  » main chinoise 唐手 » à la « main vide 空手 « (portée philosophique)

 

2)  et que c’est en 1930 que le maître Miyagi Chōjun 宮城長順 , s’est inspiré d’une autre maxime ; la №3 de l’ Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 pour nommer son style le Goju-ryu 剛柔流 →go /Dur ju/souple style/ryū . → 「法剛柔呑吐身随時応変」 maxime №3 法剛柔呑吐 « La loi bipolaire qui régit le concept; force -souplesse, est celle de l’inspiration-expiration ».

 

Pour indication voici les huit sentences inclues dans l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志

ξ ☒ Titre : « les huit importantes sentences du kenpō 拳法之大要八句 » En chinois : « Quánfǎ zhī dāyāo bā jū » et en japonais : « Kenpō no taiyōkuhakku » .

№1: 人心同天地 L’esprit humain et l’univers sont de même nature. 

№2: 血脈似日月 Le sang et les artères sont comparables au duo soleil-lune. :

№3: 法剛柔呑吐 La loi bipolaire qui régit le concept; force -souplesse, est celle de l’inspiration-expiration.

№4: 身随時應變 Le corps s’adapte et répond aux sollicitations quand celles-ci apparaissent.

№5: 手逢空則入 C’est la nature physique du vide qui permet à la main de pénétrer en son sein chaque fois qu’il est présent . 

№6: 碼進退離逢 Le déplacement du cheval n’est pas linéaire ; il lui arrive de reculer pour avancer et d’avancer pour reculer.

№7: 目要觀四向 Les yeux sont capables de voir dans les quatre directions cardinales. (sous-entendu  :  » servez-vous en »)

№8: 耳能聴八方 Les oreilles sont capables d’entendre dans huit directions différentes. (sous-entendu  :  » servez-vous en »)

☒ ξ / Traduction: Christian Faurillon ©

À noter: que l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 renferme dans ses pages le nom de la divinité taoïste 道教 ⇒ « jǐu tiān fēng huǒ 九天風火院三田都元帥 » connue également sous divers noms voire avatars ⇒ tiándōu yuánshuài 田都元帥,xìshén 戲神、dào jiào hù fǎ shén 道教護法神,yì chēng tián yuánshuài 亦稱田元帥、tián gōng yuánshuài 田公元帥、tián fǔ yuánshuài 田府元帥、xiàng gōng fú 相公佛、xiàng gōng yé 相公爺,huì yuè zōng shī , etc. (会楽宗師 )

 

 " source  https://karatehistorique.wordpress.com/2016/03/11/lokinawaden-bubishi/ " 

 

Quand tu quittes la maison, pense que de nombreux assaillants t'attendent. C'est ton comportement qui les invite à t'attaquer.

les différentes versions du BuBiShi

Le BuBiShi est la seule trace qui nous reste de nos jours comme document, du To De ancien.Comme on le sait il en existe plusieurs versions.

Deux versions seraient arrivées à Okinawa au XIXème siècle (peut être trois).

Celle ramenée par Higaonna Kanruo (1853-1916) puis celle de Miyagi (fondateur du Goju-ryu, 1888-1953) et celle de Mabuni Kwenwa (1889-1952), fondateur du Shito-ryu, (1889-1952). Ce dernier aurait réalisé sa version à partir de l’exemplaire de son Maitre Itosu (1830-1916) qu’il légua ensuite à Konishi Yasuhiro (1893-1983).

Enfin il existe une copie en possession de Ohtsuka Tadahiko sensei qui est une version ayant appartenue à Ogura sensei (qui serait celle de Miyagi), et dont Habersetzer R. sensei en a fait une étude personnelle1.

Trois traductions en anglais ou en français de ces versions sont actuellement disponibles (sans parler des travaux de sensei Othsuka en japonais):

-la version de Habersetzer sensei, correspondant à la version du BuBiShi de Ohtsuka sensei, à laquelle s’ajoutent des interprétations modernes et personnelles,

-la version de Mc Carthy, (traduction en anglais2) très proche de la version d’Habersetzer sensei (version du BuBiShi de Miyagi, puis Ohtsuka)

-celle d’Alexander3 (traduction en anglais) qui correspondrait au BuBiShi de Mabuni (version du BuBiShi d’ Itosu et Konishi).

L'origine est dans le Fukien peut être dans le Temple de Shaolin du sud à Pu T'ien (toute petite ville de Chine de 3,2 millions d’habitants !!) dans le district de Fukien dans la montagne de Chiu Lung près de Foochow. Son existence n'a pas été prouvée mais on admet que ce temple légendaire Shoreiji (Temple des Neuf Dragons) a bien existé. En fait à Yong Chun (永遠 "printemps éternel") dans le Quanzhou sur la rivière Jin possède un nombre important de temples. Il pourrait s'agir de l'un d’eux.

On ne sait pas si ce sont les 36 familles qui ont apporté le BuBiShi à Okinawa ou si ce sont les Okinawaiens allant dans le Fukien qui l'ont amené dans leurs bagages...

Parmi ceux-ci certains pensent que Higaonna serait le responsable, mais celui-ci était illetré...Par contre il semble que KoGenki (le maître de Kyoda Juhatsu lui-même le sensei de Higaonna) soit celui qui a révélé son existence.

Enfin Bushi Matsumura (1797-1889) a étudié à Fuzou et à Beijing (Pékin) donc bien avant et pourrait être lui aussi la source...

En ce qui concerne Okinawa, il y a eu très tôt des contacts avec la Chine par le port de la province de Fukien puisqu'à partir de 1393 une communauté chinoise s'installe à Kumakura qui prit le nom de de Sanjuroku seita (36 Familles) dans le but d'aider au développement d'Okinawa et de justifier le fait que le Royaume avait accepté de payer tribut à l'empereur de Chine. Certains prétendent que ces 36 familles avaient amené le BuBiShi avec eux il y aurait 600 ans, d'autant qu'elles construisirent un temple (Ten Sung Ro) qui possédait une petite bibliothèque. Les okinawaiens avaient ils accès à celle-ci ?

Il est intéressant de constater que les trois versions du Bu Bi Shi sont relativement homogènes : la numérotation des techniques est identique, ce qui confirme l’origine commune mais les dessins sont différents : plusieurs auteurs ont donc reproduit cet ouvrage tout en respectant l’original. Il y a donc bien une seule source mais différentes versions. Par contre certaines fois, peut être à cause des copies successives ou par des compréhensions partielles, les explications succinctes des figures divergent : la technique 48 est par exemple interprétée différemment dans les deux versions de Mc Carthy et d’Alexander.

J’ai par ailleurs constaté des ressemblances frappantes dans l’ouvrage écrit par Choki Motobu en 1924 et certaines techniques décrites dans le Bu Bi Shi. La raison est qu’à mon avis Motobu a vu, sinon possédé, un ou l’exemplaire d’Itosu dont il a été un temps l’élève.

L’ouvrage de Motobu « Okinawa Kempo Karate Jutsu » a été écrit en 1922 et paru en 1926 semble-t-il, alors qu’il était à Osaka et avait beaucoup de difficultés, d’après ses dires, à développer son Art Martial ; il était alors prêt àabandonner et à retourner à Okinawa. Malgré tout, il restera à Osaka jusqu’en 1941, puis mourut dans son île natale en 1944 à 73 ans....

Okinawa Kempo Karate Jutsu

L’ouvrage de Motobu comprend 6 chapitres. Le 5ème décrit 12 techniques de kumite. (Le chapitre 6 décrit les traitements et les remèdes utilisés lors d’accidents pendant les entrainements de karaté, ainsi que quelques données de phytothérapie chinoise. Peut être que cette partie est tirée du chapitre correspondant du BuBiShi. Cela vaudrait la peine de le vérifier, je ne l’ai pas encore fait).

Parmi les 48 techniques du Bu Bi Shi certaines se retrouvent intégralement dans l’ouvrage de A. Motobu.

Motobu n’a pas pu accéder à l’Art Martial familial, étant le 3ème enfant il n’était donc pas éduqué pour cela, mais il a travaillé par lui-même et avec de nombreux Maitres dont Ankoh Itosu.

Itosu possédait donc un exemplaire du Bu Bi Shi dont l’étude a été réalisée par Alexander il y a quelques années.

L’examen des 48 figures du Bu Bi Shi, montre que 6 techniques sur 12 sont intégralement reproduites par Motobu. Peut-on alors avancer qu’il avait eu entre les mains le Bu Bi Shi de son sensei ? On peut l’imaginer même si Itosu n’a pas voulu, à cause de son caractère violent, lui enseigner les profondeurs du Tode...

Motobu Choki, Okinawa Kempo Karate Jutsu, Ed Budo (1995) réédition de l’édition de 1922 au Japon

De plus Funakoshi sensei, contemporain de Motobu et élève de Itosu, avait, j’en suis certain (voir Karate do Kyohan) eu connaissance de cet ouvrage. Il n’y a donc, à priori pas de raison que Motobu n’ait pas aussi vu celui- ci.

Les 6 techniques concernées du BBS sont :

- technique 7 du Bu Bi Shi correspond à la technique 3 de l’ouvrage de Motobu -la technique 19 du Bu Bi Shi correspond aux techniques 10 de Motobu

- la technique 34 du Bu Bi Shi correspond à la technique 5 de Motobu

- la technique 46 du Bu Bi Shi correspond à la technique 3 de Motobu

- la technique 27 du Bu Bi Shi correspond à la technique 12 de Motobu

- la technique 13 du Bu Bi Shi correspond à la technique 10 de Motobu

Remarque : dans la description des techniques, la photo extraite du livre de Motobu qui correspond à la technique du Bu Bi Shi est en format plus grand, et la figure du Bu Bi Shi est reproduite à côté ou en dessous.

Enfin la version d'Alexander ne présente pas les légendes en chinois (ou japonais ancien), si bien que pour l'explication qu'il donne pour chaque technique nous ne savons pas si c'est une interprétation de sa part ou une traduction exacte du texte d'origine. En effet on constate que ces légendes sont très différentes entre les versions du BuBi Shi de Mc Carthy (et de R. Habersetzer) où ces textes apparaissent et la version d'Alexander.

Figure 4 : les trois versions de la technique 19 du Bu Bi Shi

Dans cette technique 19 tori attaque « comme un enfant voulant saisir une fleur de lotus » (McCarthy et R. Habersetzer) et uke riposte avec kakete de la main gauche et nukite aux yeux (McCarthy) ou nukite au niveau du cou (Alexander et R. Habersetzer).

On remarque que la distance est différente entre les versions: courte pour les versions Habersetzer et Alexander (pratiquement en corps à corps) et longue dans la version McCarthy. On peut imaginer que sur les distances courtes cette technique correspond à une riposte sur une saisie de tori alors qu'à plus longue distance (McCarthy) tori attaquerait en tsuki à distance moyenne.

7: 2-Technique 10 de Motobu : Motobu intitule cet enchainement « Défense avec jointures et coudes » Dans un premier temps Motobu bloque un tsuki jodan par ude uke et saisit la main gauche de tori. Dans un deuxième temps tout en maintenant la main de tori Motobu riposte par uraken à la racine du nez. Il termine alors par sa technique favorite empi aux côtes.

On remarque que le Bu Bi Shi décrit une technique sen no sen alors que Motobu décrit un enchainement go no sen.

Enfin dans le Bu Bi Shi la garde de uke est à droite alors que Motobu est en garde à gauche.

Figure 5 : Comparaison des techniques 19 du Bu Bi Shi et 10 de Motobu

 8: Techniques 5 de Motobu et 34 du Bu Bi Shi 1-Technique 34 du Bu Bi Shi

Figure 6 : Technique 34 du Bu Bi Shi

Les trois exemplaires sont absolument identiques pour cette technique. Une seule est donc représentée ici. Tori attaque « comme un phœnix récoltant avec le bec une perle » alors que tori riposte « comme une grue

blanche repliant ses ailes ».

Tori (le phoenix....) attaque tsuki chudan avec le poing légérement descendant (comme pour ramasser une

perle ?) uke riposte en osae uke gauche et en sen no sen ippon ken (index sorti) au niveau du plexus solaire.

2-Technique 5 de Motobu (P90-93)

Figure 7 : Comparaison des techniques 34 du BBS et 5 de Motobu Cette technique a pour intitulé «Défense contre combinaison gauche-droite».

9 Motobu bloque morote uke une attaque oie-tsuki gauche jodan de tori, puis sur le gyaku tsuki droit de tori il abaisse le bras de l’attaquant en osae uke et riposte dans le temps mawashi gyaku tsuki à la base de la machoire.

Là encore on constate une très grande analogie entre ces techniques, jusqu’au placement de la main droite de A. Motobu sur le bras droit de uke (osae uke ou saisie). Motobu préferre risposter au niveau jodan alors que la technique du Bu Bi Shi est une riposte chudan.

10 Techniques 3 (p. 80) de Motobu et 46 du Bu Bi Shi 1-Technique 46 du Bu Bi Shi

Figure 8 : Technique 46 du BBS Dans le BBS tori attaque en tetsui jodan alors que uke riposte en frappant aux testicules de la main droite jambe droite devant et à la gorge de la main gauche tout en parant le bras qui attaque (« le singe tend ses bras »). Encore une fois cet enchainement est en sen no sen : blocage-attaque.

2-Technique 3 de Motobu.

Cet enchainement Motobu l’intitule « Défense contre attaque droite du poing »

Motobu (p80-81) bloque l’attaque de tori au visage en age uke gauche ou plutôt haiwan uke, et riposte de la main droite en frappant aux testicules en sen no sen. Motobu continue cette riposte en bloquant en age uke droit le gyaku tsuki jodan gauche de tori puis finit par un yoko empi droit aux côtes (le texte fait une erreur en disant empi gauche !!) par une forte rotation des hanches.

11 Figure 8 : Comparaison des techniques 46 du BBS et 3 de Motobu

Remarque : les gardes sont inverses entre le Bu Bi Shi et Motobu : à gauche pour le Bu Bi Shi et à droite pour Motobu et d’autre part uke est à l’extérieur de tori pour le Bu Bi Shi alors qu’il est sur l’intérieur pour Motobu.

12 Techniques 12 (p130) de Motobu et 27 du BuBi Shi

La technique 27 du BBS correspond à une saisie arrière sur les bras de uke, au-dessus des coudes.

Exemplaire d’Habersetzer Exemplaire d’Alexander

Figure 9 : Technique 27 du BBS

1-Technique 27 du Bu Bi Shi :

Tori attaque comme « un tigre en saisissant uke entre ses pattes »... Uke riposte comme « un gardien fermant la grille derrière lui ». Uke se baisse suffisamment pour libérer ses bras au dessus des coudes s’ils sont saisis plus bas, avance la jambe droite puis frappe de la main gauche aux testicules de tori.

2-Technique 12 de Motobu :

La technique 12 (intitulée « Défense contre l’étreinte de l’ours » un ours pour Motobu, un tigre pour le BBS...)

décrite par Motobu est absolument identique à celle du BBS : avancée de la jambe droite, et frappe aux testicules.

La seule différence est que Motobu indique qu’il attrape la main de tori à droite et qu’il saisit les testicules fortement !

   Figure 10 : Technique 12 de Motobu

13: Techniques 10 (p124) de Motobu et technique 13 BuBiShi:

 

Étudier le Karaté te prendra toute la vie, il n'y a pas de limite.

Les points vitaux et la "MAIN EMPOISONNÉE

Les points vitaux et la "MAIN EMPOISONNÉE

Le Bubishi fait régulièrement allusion à la notion de "point vital", qu'il faut comprnedre comme points précis de l'anatomie d'un adversaire sur lequelune action peit entrainer la défaitede ce dernier. En quelque sorte, un point sur lequel l'effet d'une attaque ne pardonne pas (d'ou "votal"). La connaissance de ces points particulièrement faibles qui se localise un peu partout sur le corps humain est fort ancienne, plus que millénaire. 

Le premier soucis de cette recherhe fut d'ailleurs de soigner, par l'acupuncture et la moxibustion: La science des "méridien", lignes immatérielles le lond desquelles circule l'énergie interne de l'homme (CHI), qui n'est pas à confondre avec son énergie musculaire, fit partie des premiers acquis de la meédecine  traditionnelle chinoise;

Celle-ci localise 24 méridiens au total, dont 12 lignes principalesncourant de part et d'autres de l'axe vertical médian du corps. Chacun de ces méridien, véritables"routes du chi", est en relation avec des organes internes précis sur lequels on puet agir par son intermédiaire .

En effet, tout au long de ces canaux sont localisés des "cavité" (HSUEH), ou point dits "vitaux", particuièrement senseibles, soit parceque moins protégés par la masse musculaire, soit parceque le méridien est à fleur de peau. Il est possible d'agir sur ces points de plisieurs manières: En piquant (technique de l'acupuncture), en brûlant (technique de lamoxibustion), en pressant (technique des TSU-BO, ou SHIATSUen japonais), en frappant de diverses manières (technique du TIEN-HSUEH, ou DIM MAK, ou ATAMI-JUTSU en janonais).

Tous ces types d'actions stimulet, interrompent , perturbe le courant d'énergie interne, qu'ils tonifient ou dispersent, ce qui se traduit inévitablement par des perturbations du fonctionnement normal des organes internes qui sont rattaché aux méridiens visés.

Cette étonnante connaissance de la machine humaine a été utilisée dans deux directiond : soigner (souci de la médecine, ce qui fût la premère direction) et détruire (souci des arts martiaux , dont le pragmatisme était évidemment ailleurs , une seconde diretion qui fut en somme dérive pervers de la première).

Au cours des siècles, des experts se distinguèrent  dans cette sciece, également maitres de l'une ou l'autre de ces directions. L'histpire rapporte que l'empereur Jen Tzung (Jen-Tsong: 1023-1063) eut l'idée  de réclamer à son médecin la confection d'une statue en Bronze, sur laquelle seraient localisés les méridiens et les points d'acupuncture. Il est dit aussi que le corps réalisé en métal était creux er remplid'eau et que les points en question étaient matérialisés par des fin orificesmasqué par de la cire: piqués correctement, ils laissaient perler, l'eau. Ainsi poir le première fois, une anatomie était représentée en trois dimensions.

On distingue cinq familles fondametales de points vulnérables sur le corps humain:

A: Points provoquant la syncope: Houen-Hsueh

B: Points provoquant une incapacité partielle ou total: Hia-Hsueh

C: Points paralysants: Ma-Hsueh

D: Points morteld: Sieu-Hsueh

E: Points à complications multiples (dont des effets différés pouvant entrainer la mort): Mou-Hsueh

 

Horloge quotidiennne du CHI 

 

 

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 parcourus par l'énergie en période de 2h (Shin-Chen) 

1h à 3h: Foie (Heures du Bélier)

3h à 5h: Poumons (Heures du Singe)

5h à 7h: Gros Intestin (Heures du Coq)

7h à 9h: Esromac (Heures du Chien)

9h à 11h: Rate, Pancréas (Heures du Sanglier)

11h à 13h: Coeur (Heures du Rat)

13h à 15h: Intestin Grèle (Heures de Boeuf)

15h à 17h: Vessie (Heure du Tigre)

17h à 19h: Reins (Heures du Lapin)

19h à 21h: Vaisseaux-Sexe (Heures du Dragon)

21h à 23h: Triple Réchauffeur (Heures du Serpent)

23h à 01h: Vésicule Biliaire (Heures du Cheval)

 

 

CONCLUSION sur le Bubishi

Motobu Choki avait-il connaissance du BuBiShi ?

Suite à la comparaison des techniques décrites dans son ouvrage « Okinawa Kempo Karate Jutsu » et certaines du Bu Bi Shi

Nous pouvons donc sans preuve bien sûr, penser que Choki Motobu avait eu connaissance du Bu Bi Shi que possédait son Maitre Anko Itosu.

Donc OUI Choki Motobu connaissait le Bu Bi Shi on ne peut pas en douter....

Enfin remarquons que Motobu utilise beaucoup plus de techniques variées qu’à prime abord il semble à une première lecture.

Bien sûr empi est sa technique favorite, il l’utilise trois fois sur les douze techniques (technniques 1, 3 et 10), mais aussi hiza geri (deux fois : techniques 2 et 9)). Il utilise aussi volontiers le mawashi tsuki qui n’est pourtant pas une technique très habituelle (trois fois : techniques 4, 5 et 10). Le reste se ventile entre le gyaku tsuki (techniques 6 et 11), le tsuki (technique 7). Notons aussi l’utilisation des techniques de jambes très sobres puisque deux yoko geri gedan (fumikomi) sont utilisés (techniques 8 et 9) et enfin une fois l’uraken à la base du nez (technique 10). Pour être complet la technique 12 correspond à une frappe et une saisie des testicules sur une saisie arrière…

 

Données :

 Habersetzer, R. , Bu Bi Shi, Amphora (1995)

 P. McCarthy, The Bible of Karate BuBiShi, Tuttle Martial Arts (1995) 

 P. McCarthy, BuBiShi, The Classic Manual of Combat- Tuttle Pub. (2008)

Alexander G.W., Pendland K., BuBiShi Martial Art Spirit, Yamazato publications (1993)

 

  • Annales BuBishi

    Annales de la préparation au combat » wǔ bèi zhì 武備志.Quelques uns des chapitresLes chapitres abordent toutes les techniques et activités militaires de l’époque : armes, armures, disposition de combat, matériel de siège, retranchement, défense terrestre et maritime, fortification, communication, balistique, topographie etc. Quelques chapitres seulement abordent le sujet du combat à main(s) vide(s) « karaté 空手 » , dans le sens chinois du terme , celui de » main(s) vide(s) = SANS ARMES ⇒ désarmé ; kòng 空 shǒu手 » alors que le contenu de l’ Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 lui, est axé sur le Kempō 拳法 ( la boxe chinoise du sud 南派拳法; boxe de la grue blanche 白鹤拳 ⇒又名 ⇒永春白鹤拳 À vrai dire de trois styles qui sont : la boxe « bái hè quán 白鶴拳 (fēi hè quán 飛鶴拳) » , la boxe » dòu hè quán 闘鶴拳 » et la boxe » yóu hè quán 遊鶴拳 » )

  • Exemple dedivinité Taosite Tián gōngla

    Exemple avec cette pièce de musée et avatar de la divinité taoïste 道教 ⇒ « jǐu tiān fēng huǒ 九天風火院三田都元帥 » et qui se nomme : Tián gōng yuánshuài 田公元帥 ⇒ 泉州閩台緣博物館 / À noter également que la jambe gauche levée est, quant à elle, censée conduire sur la voie du salut.

    Mais il est vrai que quelques uns de ses avatars comme le » xiàng gōng fú 相公佛 « alias xiàng gōng yé 相公爺 » , sont représentés avec les deux mains respectives pointant les doigts comme dans le cas de la statuette de Madanbashi Keiyō 真玉橋景洋

  • To-outiikū: Personnage en terre cuite

    To-outiikū ⇒ トゥティークー⇒ 棚原比嘉家の土帝君, personnage en terre cuite se trouvant sur la droite de la photo ( Chinois ⇒ 土地神 /土地公公 / 土地公 / 土地爷)

    À savoir:
    Actuellement on trouve quelques reproductions de cette statuette : Bushin 武神 ⇒ Bussagami ブサーガミー ou Busaganashi ブザーガナシー( Fig.0560 ) en bois dont » l’originale » est détenue par le dōjō Jundōkan (剛柔流順道館宮里空手道場). Cette statuette 武神像 a été fabriquée sut l’île de Saïpan située à plusieurs milliers de kilomètres des côtes d’Okinawa. C’est un ancien disciple (condisciple?) de maître Miyagi Chōjun 宮城長順 ; dénommé Madanbashi Keiyō 真玉橋景洋 qui ayant travaillé sur cette partie des îles Mariannes, alors territoire Japonais, aurait demandé à un menuisier (ou à un artiste local) de lui en confectionner une.

    À la fin de la guerre lors de l’annexion de des îles Mariannes par les États Unis , Madanbashi 真玉橋 obligé de quitter l’île de Saïpan; l’aurait ramené dans ses bagages.

    Une fois revenu à Okinawa Madanbashi Keiyō 真玉橋景洋 l’aurait offerte à Miyagi Chōjun 宮城長順. À la mort du maître, la femme de ce dernier l’aurait transmise à son plus fidèle disciple (1955) : Miyazato Eiichi 宮里栄一 ; c’est ainsi que cette statue orne une niche murale du dōjō de maître Miyazato ; le Jundōkan 順道館 à Naha .

  • Gestuelle religieuse

    représentation du geste de menace :
    Tarjanī-hasta ⇒ tarjanī-mudrā मुद्रा Il existe plusieurs représentations du geste de menace ; le plus fréquent, montre un poing fermé, une main à l’horizontale avec un index tendu.

    1) Gō 剛 : Force 剛 ⇒ 剛者:如拳擊之爆發力,打出去發勁猶如閃電,使磁場即時改變。如驅邪指之類 ⇒ main fermée 驅邪指

    2) jū 柔 : Souplesse 柔⇒ 柔者:指引與化解作用。如劍指,用在敕令、畫押。如觀音指、用於洗淨 ⇒ deux doigts ( 梵語 mudra dit du »sabre ») 劍指

  • Divinité taoïste 道教

    Divinité exclusivement populaire dans la province chinoise du Fujian 福建, et sur l’île de Taïwan (Formose) 台湾. Cette divinité est la divinité protectrice des arts de la guerre 武術 et de l’art théâtral ( opéra chinois, musique, danse).

    » jǐu tiān fēng huǒ /yuàn sān tián dōu yuán 九天風火院三田都元 » est connue à Okinawa sous le nom de » Bushin 武神 ⇒ Bussagami ブサーガミー ou Busaganashi / Buzāganashi ブザーガナシー » (⇒ Yumiyagami 弓矢神) divinité martiale. Quelques exemplaires (statues et gravures ) sont là pour témoigner de son avancée culturelle et géographique jusqu’à l’archipel des Ryūkyū. Ce n’est pas sans raison qu’une récente édition de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 la représente d’emblée sur sa couverture ( voir plus haut la ↑ Fig.0297).

  • Une édition moderne de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志.

    Il est plus que probable que le maître Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 ait accédé à cet ouvrage par le biais de la famille Yoshimura 義村. Le père de famille; Yoshimura Chōmei 義村 朝明 (1830-1898) était leader politique influent, conservateur et nippophobe 反日派 alors exilé à Fuzhou 福州 ( Chine 中国 ). Yoshimura Chōmei 義村 朝明 possédait à Fuzhou 福州 une importante bibliothèque de livres chinois. En 1933, le fils de Yoshimura Chōmei 義村 朝明 ; Yoshimura Chōgi 義村朝義 se rendra en Chine pour récupérer la collection de plus de 800 ouvrages de son père et la ramener au Japon malheureusement, cette superbe collection a propablement été détruite par les bombardements aériens lors de la seconde guerre mondiale.

    Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 semble avoir servi de « discret » (pour ne pas dire secret) messager (agent de liaison) au service des membres du parti conservateur le « ganko-tō 頑固党 » (parti okinawïen pro-chinois ) Entres ceux restés à Okinawa et ceux, assez nombreux, exilés en Chine. De là les nombreux voyages qu’il effectue en Chine 中国 Et sous couvert de chercher des débouchés pour son commerce de bois. De fait, Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 aura l’honneur de pouvoir servir de maître de todé/karaté au dernier rejeton de la famille ; Yoshimura Chōgi 義村朝義 (1866 –1945) qui lui réside à Okinawa tout près du palais de Shuri 首里城. Chose assez supprenante pour l’époque car Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 n’était qu’un simple roturier de Naha. malgré cela, il finira par être logé pendant une longue période au palais des Yoshimura 義村 à Shuri. Ceci pouvant ainsi expliqué cela. Surtout que c’est juste après cette période de « Shuri » que les élèves affluent à son enseignement donné à Naha 那覇市. Cet épisode de Shuri lui a été profitable sur le plan de la publicité; Un roturier qui enseigne à un noble; c’était loin d’être une chose courante et normale .

Ne pense pas que tu dois gagner, pense plutôt que tu ne dois pas perdre.

Roland Habersetzer

Parcours, enseignement et publications

Il pratique les arts martiaux depuis 1957 et a été, en 1961, l'une des premières ceintures noires françaises de karaté. Reconnu comme un spécialiste des arts martiaux japonais et chinois, diplômé à des titres divers en France, au Japon et en Chine. Il a été nommé 8e Dan de Karatedo, au Japon, dès 1992, par O-Sensei Tsuneyoshi Ogura au Dojo du Gembukan, avec le titre de Shihan, Grand maître de son école (Ogura Sensei fut notamment élève de Gogen Yamaguchi, 1909-1989, et de Gima Makoto, 1897-1998). En avril 2006, il a été nommé 9e Dan (hanshi), avec le titre de Soké (maître fondateur) de son propre style qu’il a baptisé Tengu no michi. Ces grades et titres lui ont été également reconnus par Tadahiko Ohtsuka du Gojukensha de Tokyo (maître de référence en Goju-ryu, Naha-te et Shuri-te, élève direct de Higa Yuckoku, 1910-1994), en le nommant hanshi, maître d'armes de son école.

 

Du Karaté-Do à Tengu no michi

Expert reconnu en Karatedo et Kobudo, Roland Habersetzer demeure passionné par toutes les formes d'arts du combat. Il a élargi sa pratique à d'autres techniques, faisant usage notamment d’armes contemporaines (il est moniteur de tir de combat à l'arme de poing, diplômé aux États-Unis et en Suisse). Une recherche qui, dans le cadre de l’Institut Tengu, fondé en 19951, a abouti à la création d'un « concept global de défense personnelle » (Techniques Intégrées de Défense Personnelle).

 

Celui qui aime à apprendre est bien près du savoir.

Novo Guy

Un document secret

Le petit ouvrage intitulé Bubishi apparait aujourd'hui comme la racine commune et reconnue des principaux styles de Ryûkyû Kempo karaté justsu, sinon de tous. C'est le document historique, à l'authenticité irréfutable, dont le contenu a été gardé très longtemps secret par ceux des anciens maitres d'OKINAWA qui avaient eu connaissance dans le seconde moitié de XIXème siècle. On sait notamment , que Higashionna Kanruon(1853-1915) comme Itosu Ankoh (1832-1916) en possédaient un exemplaire.

Il semblerait également que Miyagi Chogun (1888-1953) se serait inspiré d'un chapitre du Bubushi pour nommer en 1929 son propre style "Gojû-ryû", les notions de "Go" (puissance du corps, expiration) et de "Jû" (souplesse, insppiration, mais aussi hanileté à se mouvoir dans l'adversité) appairaissant en effet clairement dans cet ouvrage. D'autres, ainsi qu'on le verra plus loin, savaient que le Bubushi existait, sans avoir toujours pu l'étudier de près. Le premier maitre connu à rendre, en partie, le document public, fut Mabuni Kenwa (1889-1952), fondateur du Shitô-ryû: dans son "étude de Sepai", publiée en octobre 1934 à Tokyo, il reproduit quelques extraits du Bubishi, dont il possédait une copie (réalisée à partir du Bubishi de son maitre Itosu) et qu'il légua par la suite à un autre maitre de kataté-dô très connu , Konishi Yasuhiro (1893-1983)

Que contenaient donc ces pagessoigneusement transmises ou recopiées de maitre à disciple, sur plusieurs générations ? Ils évouent en 32 articles la technique du Quan-fa ( Chuan-fa) du Shaolin, celle de la Grue, ou Héron Blanc, de la province chinoise méridionale de Fujian (Fukien), les exercises du chi-kung (maitrise du souffle intérieur), les principes secrets du TUIDI (Tien-hsueh-, ou Atemi en japonais) et de toutes les formes d'attaques des points vitaux du corps humain, le Bunkai (principe d'application) du kata Happoren, de la reconnaissance des herbes médicinales et de la manière de les utiliser pour se guérir des traumatismes d'un combat, de préceptes moraux à suivre par celui qui a la connaissance de tout ces secrets... On comprend mieux les raisons qui ont fait garder cet opuscule si longtemps secret. C'est en effet plus un fascicule aux inrotmations éparsesou sans lien, pa stoujours très explicite quant à l'aspect pratique , qu'une véritable "Bible" guidant de l'alpha à l'omega à travers de l'art du combat à main nue.

Et pourtant, même incomplet, procédant par touches, avec des dessins de facture naive , loin d'être une anthologie de la technique de le "main vide", tel qu'il se présente, le Bubishi est une référence, un maillon indispensable à la compréhension d'une chaine d'évolution entre deux cultures, ainsi qu'un remarquableessai de compréhension et de synthèse de ce qu'il était possible à l'époque de connaitre sur la question. Mais ce n'ets pas de sa conceptions seule que vient l'impression d'inachevé ou d'incomplet, du document: Celui-ci, à l'origine rédigé en dialecte chinois du Fujian, a été si souvent recopié et traduit en d'autres langues ou dialectes qye des erreurs grammaticales ou de vocabulaire ont été inévitablement commises. Du coup, des lectures et interpretations actuelles ne sont pas toujours évidentes: le Bubishi reste "protégé" par une sorte de codage (exactementcomme un kataancien ne révèle pas forcément tous ces Bunkai même si on le "reproduit" pourtant tel...) qui fait que l'onpeut comprendre certaines choses différemment selonson degré de maturité (et de "pureté" ?)...

"BU-BI-SHI" (Wu Pei Chi ou Wu Bei Zhi en chinois mandarin) réfère à la connaissance de l'art de la guerre ( Bu= guerrier, Bi=fournir, connaitre, Shi= esprit, ambition).

On ne suara jamais le date exacte de l'apparitiondu BUBUCHI ni rien de son ou, probablement plutôt de ses auteurs: ne serait-il pas en effet un ouvrage  collectif, sorte de compilation réalisée par plusieurs experts ayant étudié à la même source chinoise et qui voulurent laisser une sorte de testament ? On pense que l'ouvrage passe de la province de Fujian sur l'île d'Okinawa dans la seconde loitié du XIXème siècle. Mais d'où provenait-il ? Comment est-il parvenu sur l'île ? Fut-il apporté par des chinois ? Cherché par des insulaires ?  On ne peut formiler que des hypothèses, avec de fortes présomptions quant à la voie d'accès d'Okinawa empruntée par l'ouvrage, très probablement utilisée dans les deux sens.

HAPPOREN NO KATA: LE TRÉSOR OUBLIÉ ET RETROUVÉ

HAPPOREN NO KATA: LE TRÉSOR OUBLIÉ ET RETROUVÉ

 

Au niveau de la sensation:

celle-ci découle évidmment de la forme technique. Ainsi que dans Happoren, la force doit rayonner de l'intérieur vers l'extérieur, sur toute la périphérie du corps, et même, au-delà (on retrouve la sensation de la "sphère" du taïchi-chuan) ce qui est retsé (par exemle Sanchin) n'est plus qu'ue forme en lui-même la ramenant vers le centre. Certes spectaculaire (externe), mais à l'opposé du véritable exercise qu'est Happoren

Au niveau de l'esprit du Kata:

Ce qui était ue recherche d'union de l'énergie interne avec l'énergie cosmique s'est réduit à une manifestation de l'égot... En exécutant mal la kata s'est remis à ramener vers lui alors que le travail classique consistait à le faire "émettre" pour se mettre en union avec des lignes de force qui le dépassetn.. au lieu de grandir, il s'et rétrecit

Contrôle-toi d'abord avant d'essayer de contrôler les autres.

Source principale des documents publiés

Les pricipales sources de mes pubilcations sont:

Pour les photos , gravures et images  : https://karatehistorique.wordpress.com/sources/  
Pour la  Bibliographie : https://karatehistorique.wordpress.com/bibliographie/
 
De Christian Faurillon
 
Pour le Bubishi à la source du karaté:
 
De Roland Harbersetzer SokeTengu-ryû Karate-dô

L’essence du karaté est que dans la vie quotidienne notre esprit et notre corps soient formés et développés avec un esprit d’humilité, et que lors de périodes difficiles, nous soyons consacrés tout à fait à la cause de la justice.

Source

Roland BARRET, 3e Dan Tengu
SHOSHIN-DOJO
de LYON

 http://www.tengu.fr

Le BuBiShi, la source du karaté de Roland Habersetzer