Sources du bushido

Ce code de vie a emprunté au bouddhisme l'endurance stoïque, le respect du danger et de la mort ; au shintoïsme, le culte religieux de la Patrie et de l'Empereur ; au confucianisme, une certaine culture littéraire et artistique ainsi que la morale sociale des « relations » : parents-enfants, maître et serviteur, époux, frères, amis.

Mencius fut également une grande source d'inspiration pour le bushido.

Notons que le bushido n'est pas le premier « code de chevalerie » du Japon médiéval. En effet, largement avant le bushido, existait la « Voie de l'Arc et du Cheval » (kyūba no michi). Toutefois, si certains confondent les deux, d'autres font l'erreur de commettre la démarche inverse ! En effet, le bushido se trouve dans la continuité de kyuba-no-michi, il s'est structuré au fil des siècles, de même que le stoïcisme de Sénèque était nécessairement différend de celui de Zénon.

S'il existe une différence majeure entre les deux, ça serait peut-être qu'à l'époque du kyuba no michi, les samouraïs étaient au service de la noblesse kuge et de princes impériaux de haut lignage (par exemple, les samouraïs dans le Dit du Genji), tandis que de plus en plus alors que s'effectue la transition vers le bushido, les samouraïs (c'est-à-dire principalement les buke et des soldats-paysans) saisissent leurs propres destinées en mains à travers le phénomène de Gekkokujo, ou bien se mettent à servir d'autres membres des buke.

Ainsi, à l'époque de la guerre de Genpei et du bakufu Minamoto, on parlait de « Voie de l'Arc et du Cheval », simplement parce que c'était la façon traditionnelle de combattre des samouraïs. À l'instar d'autres peuples guerriers des temps anciens, tels que les Mongols, les Huns ou les Parthes — chacun à leur tour cauchemar de l'Occident — l'art martial appelé yabusame (technique de tir à l'arc japonaise pratiquée à cheval), conserva une grande importance au fil des siècles, jusque dans l'époque Sengoku et même à l'époque Edo.

Le yabusame servait lors de cérémonies à la gloire des dieux et de l'empereur et était aussi, par défaut, la façon de combattre des grands héros samouraïs du haut Moyen Âge japonais : Minamoto no Yorimitsu, Hachiman Taro Minamoto no Yoshiie, Minamoto no Tametomo… de même l'on relie le fondateur du Heki-ryu Kyujutsu à Hachiman, dieu tutélaire de la lignée Seiwa Genji et donc dieu de l'archerie à cheval (en outre, certains des shintai de Hachiman sont des étriers de samouraï). C'est pourquoi l'on parlait de « Voie de l'Arc et du Cheval », les samouraïs étant en tout premier lieu des archers à cheval au tempérament chevaleresque.

Toutefois, la guerre au Japon évolua progressivement. Si déjà à l'époque de Yoshiie, des sièges existaient, le combat en mêlée prit de plus en plus d'importance en même temps que l'on augmentait le nombre de soldats ou que déclinait l'importance de l'arc. Dès l'époque Kamakura, l'importance du sabre, puis celle de la lance s'affirmèrent. À Kyoto pendant la guerre d'Ōnin, on amena des foules immenses qui, par la suite, se dispersèrent dans tout le Japon au fur et à mesure qu'elles rentraient chez elles, ouvrant la période du chaos de l'époque Sengoku.

À l'époque Edo, la nation étant en paix (tenka taihei), les samouraïs perdirent toute source de revenu, comme des mercenaires sans guerre et donc sans employeur potentiel. Ceux qui n'étaient pas devenus rōnin travaillèrent dans des châteaux ou en milieu urbain.

Les goshi, les samouraïs campagnards et soldat-paysans, étaient la norme avant la réforme de Oda Nobunaga, qui força ses samouraïs à vivre en ville afin de les mobiliser plus rapidement et plus facilement pour des expéditions militaires. Par la suite, cette façon de faire s'étendit à tout le pays et les Tokugawa firent du Japon une culture urbaine et sophistiquée. Les arts martiaux étaient devenus en grande partie inutile.

Beaucoup de daimyos pré-Edo ont effectué des tameshigiri (exercices de coupe réelle à l'épée, au sabre). On peut citer Date Masamune et Hosokawa Tadaoki, combattu en première ligne (Kato Kiyomasa, Maeda Toshiie, Saito Dosan, Uesugi Kenshin, Takeda Shingen…)[pas clair] ou sont même l'objet d'exploits martiaux légendaires (Honda Tadakatsu, jamais blessé au combat de toute sa vie ; Tachibana Dosetsu qui tranche un éclair avec son sabre ; Satake Yoshishige qui tranche un cavalier en armure complète de la tête jusqu'à la selle ; Yagyu Munetoshi qui tranche un roc). Si on remonte plus loin encore, on trouve une abondance de héros et de guerriers légendaires, généraux ou simples samouraïs. Ainsi donc, aux yeux d'un homme de la vieille école comme Yamamoto Jocho Tsunetomo, leurs descendants de l'époque Edo sont plutôt gâtés et font la fine bouche. Il leur manque le tempérament guerrier de leurs aïeux, sans quoi ils se risquent à faire preuve d'hypocrisie.

Par exemple, les daimyos de l'époque Edo emploient des experts pour réaliser les tameshigiri (le plus célèbre étant Yamada Asaemon). Le katana doit être manié par un maître capable de déterminer les capacités de l'arme sans qu'elles subissent l'influence de l'utilisateur. D'un autre côté, on ne saurait saisir l'essence du sabre sans pratiquer le battōjutsu ou le tameshigiri, car imiter les mouvements lors de katas ou de quelques passes d'armes avec des jouets en bambou ne donne pas la sensation de trancher la chair humaine, ce à quoi les sabres et leurs techniques martiales sont destinés, au bout du compte.

En fait, les daimyos rejettent le tameshigiri qu'ils trouvent barbare. Même cet exercice est nécessaire, ils l'évitent et le confient à des experts de bas rang social. De plus, ces daimyos ne prennent jamais eux-mêmes le poste de kaishakunin (personne désignée pour procéder à l'exécution) lors d'un seppuku, car il est outrageant qu'un samouraï pointe sa lame dans la direction de son daimyo (puisque le kaishakunin attend derrière le seppuku-sha, le condamné).

En matière d'arts martiaux et d'attitude vigilante, les seigneurs ne montrent pas vraiment l'exemple, mais les samouraïs de plus bas rang doivent s'en accommoder et servir de leur mieux.

En d'autres termes, ce n'est pas du bushido qu'Yamamoto Jocho se plaint, au contraire, son aigreur vient du fait qu'il ait l'impression que la forme que le bushido prend à l'époque Edo est inappropriée, imparfaite ; toutes ses complaintes peuvent se résumer à la vieille rengaine « C'était mieux avant ». Le bushido s'épanouit sur les champs de batailles, et dans un monde en paix, il est coupé de ses racines.

Et c'est aussi cela, la problématique au cœur du bushido : qui servir et comment le faire au mieux ? Cette problématique trouve elle-même sa continuité dans la société japonaise moderne (gendai), que ce soit dans les tâches subalternes de l'hôtellerie, les majordomes de la bourgeoisie ou même les aides de camp de l'empereur du Japon.

C'est l'époque où les bujutsu (technique pour vaincre et tuer son ennemi), entament la transition vers le budo, sport de combat moderne pour se divertir avec son adversaire ou faire de l'auto-défense. En effet, bien que les budo n'existent officiellement qu'à partir de l'époque Meiji, déjà on voit apparaître les premiers shinai, ainsi que des « armures » spéciales utilisées pendant les exercices de gekiken (combat d'escrime free style, ancêtre direct du kendo moderne).

C'est dans ce contexte que le bushido est théorisé, tantôt par initiative individuelle, tantôt par des « théoriciens du régime » tels que Hayashi Razan, Taira Shigetsuke ou encore le moine Nankobō Tenkai, proche conseiller de Tokugawa Ieyasu. Pour Ieyasu et les shoguns, le bushido est le mythe social fondamental qui fera se maintenir la nation en place, et comme tous ceux de ce genre-là, ils usent de l'appareil étatique pour le façonner. C'est de là que viennent les modifications, règlements et standardisations.

Par exemple, avant l'époque Edo, le daishō (a paire d'épées traditionnelles) n'était pas tout à fait standardisé. En fait, les samouraïs en armure préféraient très souvent le tachi et le tantō, et pendant l'époque Sengoku, les samouraïs préféraient le katateuchi au wakizashi. Le katana et l'uchigatana étaient plus souvent portés par des samouraïs de bas rang et des ashigaru. Mais pendant l'époque Edo, le bakufu Tokugawa imposa le banzashi-daishō dans les lois somptuaires de la caste samouraï. Ce genre de détails est propre à une codification tardive du bushido, mais il ne faut pas croire pour autant que le bushido a été « inventé » au xviie et xviiie siècles.

Les sources du bushido puisent donc abondamment dans les trois religions majeures du Japon, le shintoïsme, le bouddhisme (zen en particulier, considéré comme la religion par excellence du samouraï depuis l'époque Kamakura et l'introduction des zen soto et rinzai), et le confucianisme enfin. Ce dernier élément apporte un aspect social à la caste guerrière, qui se transforme en une sorte de police féodale et d'armée de réserve (en sa qualité d'ost féodal qui sait qu'on ne l'appellera pas de sitôt).

On notera l'apport de grands érudits pour chacune de ces trois philosophies, tels que Takuan Soho (qui disserta beaucoup avec les Grands de son temps) ou Motoori Norinaga, grand spécialiste de la « Voie des dieux ». De même, beaucoup de koryu bujutsu (écoles anciennes d'arts martiaux), qui avaient le terme kami dans leurs noms, devinrent populaires à l'époque Edo. Les styles de kashima et katori, notamment, signifiaient qu'ils suivaient l'enseignement des dieux.

Cette rédaction du bushido, les ouvrages et les codes de conduites rédigés à cette époque, visent non pas à créer mais à maintenir et à réguler, et théoriser sur ce que devrait être le guerrier samouraï, sa forme et son attitude idéale, ce qui longtemps avait été laissé non écrit par leurs ancêtres. Ainsi, lorsque les jeunes demandaient à leurs aînés pourquoi, dans ce contexte de paix durable, ils devraient suivre le difficile entraînement aux arts martiaux, les anciens répondaient que c'était leur devoir en tant que samouraïs d'être prêts à la guerre.

Dans ce genre de détails révélateurs de l'essence du bushido, on ne peut que constater à quel point il est similaire au kyuba no michi des ancêtres. Par exemple, à l'époque Kamakura, si un samouraï d'un certain niveau de vie (propriétaire terrien, par exemple) était appelé par son seigneur, il devait immédiatement ceindre son tachi, seller son cheval et partir rejoindre l'ost. Il n'avait pas le temps de prendre un bain, d'enfiler son armure, de faire ses adieux à tout le monde ou de ramasser ses armes, et s'il était en train de manger, il devait aussitôt poser ses baguettes. Le samouraï partait sur-le-champ et ses propres vassaux directs, d'un rang trop bas pour recevoir un appel en leurs noms propres, devaient rassembler toute la logistique et rejoindre leur lige au plus tôt, que ce soit en chemin ou à destination. L'important était que le samouraï montre sa loyauté et son esprit indomptable par cette attitude belliqueuse.

Un autre exemple lié aux lois somptuaires des samouraïs sont les chignons mage. Lors de l'Antiquité (période Yayoi ou antérieure), les Japonais adoptèrent le chignon, dont la forme se modifia au fil du temps. Lors des périodes de campagnes militaires, les samouraïs issus du buke (mais pas ceux issus du kuge) se rasaient une partie de la tête, sinon un heaume de fer ou d'acier aurait été insupportable en raison de la chaleur de l'été japonais. Il n'était bien sûr pas question de se débarrasser de son casque. Ils se faisaient donc une tonsure appelée sakayaki sur le sommet du crâne, épargnant les flancs et l'arrière. Souvent, le chignon lui-même était rabattu sur le sommet du crâne, c'est le fameux chonmage.

À l'époque Sengoku, les samouraïs étaient en guerre perpétuelle et n'avaient donc pas le temps de se raser les cheveux. L'une des modes dominantes consistait à garder le sakayaki en permanence, ils étaient ainsi toujours prêts à guerroyer.

Après l'unification et la pacification du Japon sous l'égide des Tokugawa, garder le sakayaki était devenu inutile. Mais le bakufu et ses théoriciens en firent tout de même une loi somptuaire des samouraïs. Pourtant, très rares sont ceux qui ont combattu ou tué qui que ce soit ou quoi que ce soit pendant leur vie. Certains n'ont même jamais pratiqué les arts martiaux.

Aux yeux de Yamamoto Tsunetomo, sûrement, ce genre de pratique pouvait s'apparenter à un culte des apparences et à de la bien-pensance : ces soi-disant guerriers montrent qu'ils sont en permanence prêts à partir à la guerre en se faisant une tonsure, mais en réalité, c'est pour complaire à des samouraïs plus âgés et d'un rang social supérieur au leur, qui sont devenus chauves avec l'âge. Si on leur demande de prendre les armes, pourra-t-on seulement compter sur eux ? Hagakure respecte les relations humaines, leur accorde une grande importance, afin d'établir l'harmonie au sein des vassaux du seigneur, mais ne cautionne point ce genre d'attitude.

Autre exemple : si l'on accuse souvent le bushido de l'époque Edo d'être une idéalisation du passée, les époques Genpei et Kamakura étaient très chevaleresques.

Les samouraïs de bas rang étaient principalement là pour escorter les samouraïs de haut rang, qui étaient censés s'affronter entre eux en duel. Il était inconvenant de combattre entre guerriers de rangs différents si on pouvait l'éviter. En attaquant l'ennemi ou avant un duel (en armure ou en civil), le samouraï annonce son nom, car il en est fier, puis brandit son katana, son yari ou son naginata, et combat héroïquement.

Une attitude similaire se trouve dans la mort du légendaire saint patron des yakuzas, Shimizu no Jirocho, demandant à mourir de la main d'un ennemi de statut égal. À l'inverse, l'époque Sengoku était devenue plus réaliste et désespérée ; s'approprier les têtes de samouraïs et de généraux ennemis était même une opportunité de promotion, et surtout, pour les ashigaru… Et ce malgré qu'ils n'aient pas occis la victime.

Les duels entre samouraïs et les combats à l'épée ne sont pas une invention des idéologues de l'époque Edo. Simplement, pendant l'époque Sengoku et depuis l'invasion mongole en fait, les pratiques guerrières avaient pris une tournure plus réaliste et vicieuse ; les tactiques du combat de masse et les formations de soldatesques émergeaient en reléguant les guerriers individuels au second plan (or, la lance est plus utile pour faire un travail d'équipe que l'épée ou le sabre, fût-il japonais).

Néanmoins, les duels et les exploits héroïques restaient au cœur de l'idéal du samouraï, même à cette époque, le sabre était déjà perçu comme l'âme du guerrier, c'est-à-dire l'essence de la profession de bushi. Comme en Europe — et même plus encore — le sabre japonais est exalté pour sa noblesse, malgré sa relative inefficacité comparée à d'autres armes (lances, fusils, canons, arc…).

Même Kato Kiyomasa, lorsqu'il énonce ses préceptes, dissertant sur la véritable voie du guerrier, déclare dès la seconde phrase du texte : « Un samouraï doit se lever à 4 heures du matin, s'entraîner au kenjutsu, prendre son petit déjeuner, puis s'entraîner à l'arc, au fusil et à l'équitation. » Comme on le constate, e sabre vient en premier.

Plus loin, il déclare sans la moindre ambigüité : « Le dessein d'un individu né au sein du buke — d'une famille de bushi — doit être de manier le sabre long et le sabre court, et de mourir. » Le grand chef de guerre ne mentionne ni le fusil, l'arme nouvelle qui ouvre les portes du futur, ni la lance qui permet le travail d'équipe ou les charges de cavalerie (bien qu'il soit lui-même un célèbre lancier, ayant chassé des tigres en Corée), ni l'arc, arme qui fait le plus de victimes. Le daitō et le shōtō, c'est-à-dire le daishō lui-même, est l'essence du mode de vie d'un bushi, c'est-à-dire le bushido.

L'importance du sabre pour le bushido n'a certainement pas été inventée par des théoriciens de l'époque Edo. Mais certains l'ont utilisé comme décoration, sans jamais le dégainer et le manier au combat, comme le firent leurs ancêtres (en fonction des époques, la population samouraï varie de 5% à 10 %).

Cette attitude est exactement la même que celle qui fût révélée chez les jeunes samouraïs impétueux et révolutionnaires de l'époque Bakumatsu, soit d'un bout à l'autre de l'histoire des samouraïs.

 

Origine du mot BUSHIDO

Bushido (武士道?) est un mot japonais signifiant littéralement « la voie du guerrier » : bushi signifie « brave guerrier » et , « la voie ». On divise parfois bushi en deux termes qui signifieraient bu, « stopper », « mettre fin à la violence par les armes », et shi, « celui qui a obtenu son savoir par l'apprentissage » (comme le guerrier). Cela dit, une autre interprétation de l'étymologie de l'idéogramme bu suggère au contraire « porter la lance ».

La première mention de ce mot est faite dans le Kōyō Gunkan, écrit aux alentours de 1616 mais l'apparition du bushido est liée à celle de la féodalité japonaise et des premiers shoguns à l'époque de Minamoto no Yoritomo au xiie siècle. En effet, si certains considèrent (à tort) le bushido comme une invention tardive d'idéologues de l'époque Edo, et s'il est vrai que le bushido s'est construit au fil des siècles, ses origines remontent à loin et forment une certaine constance dans la mentalité des samouraïs.

Ainsi, à l'époque de la guerre de Genpei, on l'appelait « Voie de l'Arc et du Cheval » (弓馬の道, kyūba no michi) en raison de l'importance majeure de ce style de combat pour les guerriers de l'époque, et du fait qu'il était considéré comme une méthode traditionnelle, celle des plus anciens héros samouraïs, tels que le prince Shōtoku, Minamoto no Yorimitsu et Hachiman Tarō Minamoto no Yoshiie. D'après l'encyclopédie de Louis Frédéric le Kyûba-no-michi apparut aux alentours du xe siècle comme un ensemble de règles et coutumes non-écrites auxquelles les samouraïs étaient censés se conformer.

En fait, il existe une méprise sur le terme qui désigne le code des samouraïs, résidant dans la mystification de certains faits par les historiens, notamment japonais. Parmi les classes existaient les bushi, sous-officiers et officiers inférieurs, et les buke, officiers supérieurs appartenant à la noblesse. Les samouraïs font partie de la catégorie des buke, et leur code est le buke-shô-hatto. Seulement, il existe une fiction où est employé le terme bushido en tant que code des samouraïs, c'est de là que l'on tire cette définition de bushido. Mais, en réalité, le code se nomme buke-shô-hatto (武家諸法度), et il s'agit de règles protocolaires établies pendant l'époque Ed

Qu'est ce que le Bushido ? 

C'est le respect d'un certain stoïcisme, du mépris du danger et de la mort, d'honneur, de courage, de fidélité absolue à la parole donnée; une philosophie qui s'adresse avant tout au gentilhomme, au Bushi. Au bouddhisme, le guerrier puise un sens de sereine confiance dans le destin, un esprit de soumission à l'inévitable. L'acceptation stoïque du danger et de ses conséquences, le dédain de la vie. Au shintoïsme, le Bushi puise les notions de loyauté envers le supérieur, de vénération des ancêtres, de piété filiale, de passivité et de patriotisme. Clef de voûte de cette mentalité, la rectitude, la justice ou Giri est la vertu la plus importante : c'est le devoir pur et simple. La deuxième vertu est le courage ou la disposition à accomplir ce qui est juste. Vivre lorsqu'il est juste de vivre et mourir lorsqu'il est juste de mourir. Le nasake ou bienveillance, vient ensuite. C'est la magnanimité, la pitié, la sympathie, le tout cultivé par la poésie et la musique. Oser vivre quand la vie est plus pénible que la mort, apprendre à ne point se plaindre, malgré les plaintes de l'âme et les souffrances du corps voilà l'ascèse de celui qui suit le bushido.

 

Quelques règles de vie :

◦Le vrai courage consiste à vivre quand il est juste de vivre, à mourir quand il est juste de mourir.

◦Il faut songer à la mort avec la conscience vive de ce qu'exige l'honneur d'un samouraï, peser chaque parole avant de la prononcer, se demander avant de répondre si ce que l'on a à dire est vrai.

◦Manger avec modération, éviter la volupté.

◦Après les tâches quotidiennes, se souvenir du mot Mort, ne pas faillir de le mettre en son cœur.

◦Un homme qui méconnaît la vertu n'est pas un samouraï. Pour tout homme, les parents sont comme la tige de son propre corps, lui-même est branche consanguine de ses parents.

◦Respecter la règle de la tige et de branches; l'oublier, c'est ne jamais parvenir à comprendre ce qu'est la vertu. - Un samouraï se conduira en fils et en sujet fidèle. Il ne quittera pas son suzerain, quand bien même le nombre de ses sujets passerait de cent à dix, de dix à un.

◦En temps de guerre, le témoignage de sa loyauté consistera à se porter s'il le faut au-devant des flèches ennemies sans faire cas de sa vie.

◦Loyauté, esprit de justice, bravoure sont les trois vertus naturelles du samouraï.

◦Un samouraï, où qu'il dorme, ne doit pas mettre les jambes dans la direction du logement de son suzerain. De même, quand il s'exerce au tir à l'arc, il ne doit pas pointer ni lancer sa flèche dans la direction de son suzerain, ou encore quand il pose sa lance.

◦Le faucon ne pique pas les épis, même quand il meurt de faim. De même un samouraï se servant d'un cure-dents fera-t-il semblant de s'être régalé, même quand il n'a pas mangé.

◦Si à la guerre un samouraï perd le combat et s'il est obligé de livrer sa tête, il manifestera hardiment son nom à l'appel de l'ennemi et mourra en souriant, sans aucune vile allure.

◦Étant gravement blessé, si gravement qu'aucune opération chirurgicale ne puisse le guérir, il parlera correctement devant ses supérieurs et ses pairs et mourra avec sang-froid, se rendant bien compte de l'état de sa blessure.

◦Un samouraï qui ne serait que fort n'est pas admissible. Sans parler de la nécessité des études en science, il faut qu'il profite de ses loisirs pour s'exercer à la poésie et comprendre la cérémonie du thé.

Budo ShoShin Shu, - Daïdoji Yuzan, 1639-1730

 

Les sept vertus du bushido

Il existe sept grandes vertus confucéennes associées au bushido :

Droiture (義, Gi?, parfois aussi traduit par « rectitude » ou « rigueur »)

Courage (勇, ?)

Bienveillance (仁, Jin?, parfois aussi traduit par « grandeur d'âme », « compassion » ou « générosité »)

Politesse (礼, Rei?, correspondant à l'étiquette apparue en France à la même époque ou d'une manière plus générale, le respect3)

Sincérité (誠, Makoto?, ou « honnêteté »)

Honneur (名誉, Meiyō?)

Loyauté (忠義, Chūgi?)

 

Un code très strict du BUCHIDO

Un code très strict

La plupart des samouraïs vouaient leur vie au bushido, un code strict qui exigeait loyauté et honneur jusqu'à la mort. Si un samouraï échouait à garder son honneur, il pouvait le regagner en commettant le seppuku (suicide rituel), que l'on connaît mieux en Occident sous le terme de « hara-kiri » ou « l'action de s'ouvrir le ventre » (hara, le « ventre », siège du ki, « puissance, énergie » et kiri, « coupe »).

Cependant, il faut noter une différence non négligeable entre seppuku et hara-kiri. Le seppuku permettait à un guerrier vaincu de se donner la mort et de pouvoir ainsi mourir avec son honneur (le vainqueur abrégeait ensuite ses souffrances). Le hara-kiri était une façon de se donner la mort qui permettait de retrouver son honneur à la suite d'un événement considéré comme déshonorant (lâcheté, traitrise…).

Dans le Japon féodal, on parlera de hara-kiri pour une personne se donnant la mort à la suite, par exemple, d'une humiliation (adultère par exemple) et de seppuku pour une personne assumant une défaite et se donnant la mort, dans le cas d'un guerrier perdant une bataille. Cette nuance est sensible et importante dans la compréhension du bushido.

Sous sa forme la plus pure, le bushido exige de ses pratiquants qu'ils jugent efficacement le moment présent par rapport à leur propre mort, comme s'ils n'étaient déjà plus de ce monde. C'est particulièrement vrai pour les formes initiales de bushido.

Les sept vertus du bushido

La voie du Bushido ou la voie du guerrier

"Bushido signifie la volonté déterminée de mourir.

Quand tu te retrouveras au carrefour des voies

et que tu devras choisir la route, n'hésite pas :

choisis la voie de la mort.

Ne pose pour cela aucune raison particulière

et que ton esprit soit ferme et prêt.

Quelqu'un pourra dire que si tu meurs

sans avoir atteint aucun objectif,

ta mort n'aura pas de sens :

ce sera comme la mort d'un chien.

Mais quand tu te trouves au carrefour,

tu ne dois pas penser a atteindre un objectif :

ce n'est pas le moment de faire des plans.

Tous préfèrent la vie à la mort et si nous nous raisonnons

ou si nous faisons des projets nous choisirons la route de la vie.

Mais si tu manques le but et si tu restes en vie,

en réalité tu seras un couard.

Ceci est une considération importante.

Si tu meurs sans atteindre un objectif,

ta mort pourra être la mort d'un chien,

la mort de la folie,

mais il n'y aura aucune tache sur ton honneur.

Dans le Bushido , l'honneur vient en premier.

Par conséquent, que l'idée de la mort soit imprimée dans ton esprit

chaque matin et chaque soir.

Quand ta détermination de mourir en quelque moment que ce soit

aura trouvé une demeure stable dans ton âme,

tu auras atteint le sommet de l'instruction du bushido »

 

L'Empire du Japon

Avec la modernisation radicale du pays sous la Réforme de l'ère Meiji (1868), l'existence des classes sociales fut bannie et les samouraïs perdirent leur statut particulier qui en faisait des sortes de policiers féodaux, seuls habilités à porter une arme blanche.

Inféodés à l'Empereur, de nombreux samouraïs suivirent la réforme et devinrent principalement des dirigeants de l'armée impériale japonaise en cours de formation ainsi que des hommes politiques et plus tard des capitaines d'industries.

Ainsi, à la fin du xixe siècle, de nombreux membres des grandes familles de la noblesse reçurent, sous l'impulsion du gouvernement, les rênes de ceux qui allaient devenir les zaibatsu (les grands conglomérats industriels et de commerce) comme Mitsui, Mitsubishi, Sumitomo, etc. Ces entreprises économiques furent les premières vraies structures capitalistiques modernes du Japon et la colonne vertébrale de l'expansionnisme du Japon Shōwa. Ces dirigeants, anciens samouraïs, organisèrent leurs entreprises selon les valeurs de leur corpus de référence : le bushido.

Ce concept, joint à celui du hakko ichi'u fut l'un des fondements de la montée du militarisme au début de l'ère Shōwa.

 

Le serment du samouraï 

"Je n'ai pas de parents, je fais des cieux et de la terre mes parents.

Je n'ai pas de demeure, je fais de Tan t'ien ma demeure.

Je n'ai pas de pouvoir divin, je fais de mon honnêteté mon pouvoir divin.

Je n'ai pas de fortune, je fais de ma docilité ma richesse.

Je n'ai pas de pouvoir magique, je fais de ma personnalité mon pouvoir magique.

Je n'ai ni de vie ni de mort, ma vie et ma mort ne font qu'un.

Je n'ai pas de corps, je fais de mon stoïcisme mon corps.

Je n'ai pas de Yeux, je fais du flash de l'éclair mes yeux.

Je n'ai pas d'oreilles, je fais de ma sensibilité mes oreilles.

Je n'ai pas de membres, je fais de ma promptitude mes membres.

Je n'ai pas de lois, je fais de mon autodéfense ma loi.

Je n'ai pas de stratégie, je fais du droit de tuer celui de protéger ma stratégie.

Je n'ai pas de dessein, je fais de la saisie instinctive de l'opportunité mon dessein.

Je n'ai fais pas de miracle, je fais du respect de la loi mon miracle.

Je n'ai pas de principes, je fais de mon adaptation en toutes circonstances mon principe.

Je n'ai pas de tactique, je fais de la vacuité et de la plénitude ma tactique.

Je n'ai pas de talents, je fais de mon esprit prêt à réagir mon talent.

Je n'ai pas d'amis, je fais de mon esprit mon ami.

Je n'ai pas d'ennemis, je fais de l'imprudence mon ennemie.

Je n'ai pas d'armure, je fais de ma bienveillance mon armure.

Je n'ai pas de château, je fais de mon esprit inébranlable mon château.

Je n'ai pas d'épée, je fais de mon non-être mon épée."

 

 

  

La voie Zen du Bushido 

Le Bushido, la voie du samouraï est une fusion parcimonieuse entre le bouddhisme et le shintoïsme. Elle peut être résumée en 7 principes essentiels :

 

1Gi : la juste décision dans l'équanimité, la juste attitude, la vérité. Quand nous devons mourir, nous mourons. Rectitude.

2Yu : la bravoure teintée d'héroïsme.

3Jin : l'amour universel, la bienveillance envers le genre humain, la compassion.

4Rei : l'action juste (une qualité essentielle), la courtoisie.

5Makoto : la pleine sincérité, la spontanéité.

6Melyo : l'honneur et la gloire.

7Chugo : dévotion, loyauté et docilité.

Le Bushido a influencé le Bouddhisme, et le bouddhisme a influencé le Bushido. Les éléments du bouddhisme que l'on trouve dans le bushido sont au nombre de cinq  :

 

Pacification des émotions;Une confiance tranquille dans l'inévitable;Un contrôle total dans tous les évènements;Une intime exploration de la mort plutôt que de la vie;Pure pauvreté. (il ne s'appartient pas lui-même = oubli de soi) 

 

 

Le Zen et les Samouraï 

`La fleur des fleurs est le bourgeon de la fleur du cerisier - le samouraï est l'homme parmi les hommes.' - proverbe japonais-   

Au japon et parmi les japonais, aucune figure n'est plus emblématique que celles des samouraï, ces guerriers héroïques qui vivaient par le code du bushido - la voie du samouraï - fondée sur la loyauté, la justice et l'honneur. Cette tradition guerrière au japon est aussi vieille que le pays lui-même, mais le vrai samouraï émergea durant la tardive période Heian (milieu du 12ème siècle) et par la suite régnèrent au Japon pendant 800 années. Durant cette période, les arts martiaux japonais classiques évoluèrent et avec eux, le code du bushido.

 

  

La plus grande influence sur le code du samouraï fut l'introduction du bouddhisme zen durant la période Kamakura (1192-1333), laquelle devint le fondement principal de la philosophie du Bushido. Bushido demande avant toute chose une certaine fermeté devant la mort, parce que faire face volontairement à la mort, c'est apprendre à conquérir ses peurs. Selon les principes zen, la peur ne peut réellement être conquise que si la notion de "moi" et tout ce qui s'y rattache est abolie. Tardivement au 15ème et 16ème siècles, la période la plus colorée des chroniques samouraï, Zen et bushido s'implantèrent très profondément parmi les samouraï, et pénétrèrent au fin fond de la culture et des valeurs japonaises. Dans cette perspective et dans la poursuite d'un but, l'entraînement mental est plus important que le physique. Voici dix sentences de samouraï fameux qui insiste sur la suprématie de l'esprit sur le reste.

 

Dix sentences Samouraï 

 Je n'ai pas inclus ces sentences dans la page réservée aux aphorismes parce que ces phrases sont elles mêmes, en essence, celles qui correspondent le mieux à l'attitude du bushido. 

 "On ne trouve la vie qu'à travers la conquête de la peur et de la mort dans sa propre intimité, son propre esprit. Vider l'esprit de toutes les formes d'attachement, charger et conquérir l'adversaire dans un éclair décisif.

" Togo Shigekata"

La position. Une position efficace ne doit être attachée ni à l'épée de l'adversaire ni àson épée - 

"Yagyu Toshiyoshi." 

Calme Mental . 'L' esprit paisible est comme l'eau calme réfléchissant l'éclat de la lune. Vider l'esprit et vous réaliserez un esprit paisible.' Yagyu Jubei  

Sur la fermeté du mental : 'Ne pas vaciller devant l'adversaire et son épée est l'essence de l'homme d'épée.' Miyamoto Musashi   (Le livre des Cinq anneaux - en anglais)

Sur le Soi : 'Se conquérir soi-même, c'est conquérir l'adversaire' Takuan Soho   

Sur l'esprit immuable : 'L'esprit insensible aux conditions extérieures produit une mobilité corporelle.' 

Yagyu Renyasai   

Sur les Tromperies, Feintes et Plans : 'Les mains manipulent l'épée, l'esprit manipule les mains. Cultiver l'esprit et ne pas être préoccupé uniquement par les astuces, feintes et plans. Se sont là les qualités d'un sorcier, non d'un samurai.' 

Saito Yakuro   

Sur la maturité. Le calme du mental et non l'habileté, n'est le  signe d'un samouraï mûr. Un samouraï ne devrait ni être pompeux ni arrogant.'

Tsukahara Bokuden   

La paix : 'Conquérir le mal et non l'adversaire, voilà l'essence de l'homme d'épée' Yagyu Munenori.   

Sur le caractère du samouraï : 'Un cristal brut ne brille pas; un samouraï indiscipliné n'a pas d'éclat. Un samouraï devrait donc cultiver son esprit.'

ANONYME  

        

Je ne résiste pas à l'envie d'ajouter trois sentences samouraï de plus :

 

Ce sont les sentences favorites d'Omori Sogen, le principal maître zen du XXème siècle.   

'Quand une vache boit de l'eau, cette eau devient du lait. Dans un serpent boit de l'eau, cette eau devient du poison.' 

Omori utilisait souvent cette sentence traditionnelle quand il voulait illustrer que la pensée sur le sens des causes et des effets est une quête du vide. La conscience des conditions est bien plus utile.  

  'La vérité ne se pense pas, n'a pas d'esprit zazen est juste une chose : avoir un esprit intrépide.'
Cette maxime de Suzuki Shosan était une autre favorite d'Omori.

'La Voie est une voie naturelle de l'Univers, et l'apprendre, c'est révérer le paradis, c'est aimer l'homme, et vivre et rester en premier lieu en se contrôlant.'
Cette sentence de Saigo Takamori fut

Les traditions du Bushi 

Les traditions du Bushi 

  Bushi est un terme général qui décrit la classe des guerriers du japon médiéval. Ce terme décrit les guerriers aristocratiques du 9ème au 19ème siècle. Les samouraï furent seulement un rang parmi les bushi et était le plus haut rang de tous. L'ignorance occidentale bâtisa tous les guerriers de samouraï alors que le terme de Bushi est techniquement le plus correcte. Le terme "Samurai" fait référence originalement aux servants qui attendaient d'être anoblis. Bien plus tard quand l'acception du terme s'étendit pour inclure un certain type de guerrier, la connotation de service ne fut pas complètement abolie. Les rangs ou niveaux d'un bushi dépendaient de son statut social, ce mérite martial et cette position dépendait des faveurs du Shogun. Cependant aucun classe à travers le japon n'a de monopole particulier sur Yamato-damashi. Aucune portion de la société en général n'était aussi débordant d'orgueil que la classe des guerriers. C'étaient les bushi. Ils naissaient bushi, mais ceux qui n'étaient pas versés dans les arts du combat ne recevaient pas le titre. Au IXème siècle, un véritable soldat professionnel émergea. Il fit de l'Arme et des combats à mains nues une condition de survie dans la société. Ce ne fut qu'une centaine d'années plus tard que la profession militaire devint un privilège héréditaire. Les pères dispensaient leur connaissance du combat et leurs habilités à leurs fils qui commençaient très jeunes leur carrière de guerrier. Leur entraînement incluait l'escrime, l'archerie, le yawara, l'équitation, l'utilisation de la lance, la tactique, la calligraphie, l'étique, la littérature et l'histoire. Bushido est un système de codes et de traditions suivit par la classe guerrière. Le code insiste particulièrement sur la justice, le courage, la bienveillance, la politesse, la sincérité, l'honneur, le loyauté et le self-contrôle. La justice ou la rectitude, est le précepte le plus incontestable de tout le code du Bushi. Rien n'est plus repoussant à un Bushi que de traiter en secret et d'agir par traîtrise. Ainsi disaient-ils : " La rectitude est le pouvoir de décider sur une certaine ligne de conduite en accord avec la raison, sans  vaciller ... de mourir quand il est juste de mourir, de frapper quand il est juste de frapper".

D'autres parlaient en ces termes : " La Rectitudeest la colonne vertébrale qui donnent fermeté et stature. Sans cela la tête ne pourrait pas rester sur la colonne vertébrale, ni nos mains bouger, ni nos pieds nous supporter, sans cela, la rectitude ne serait ni un talent ni une connaissance qui pourrait faire d'un homme un Samurai. Avec cela, un manque d'accomplissement c'est comme le vide".

 Le courage est une vertu si seulement il y a droiture. La mort pour une cause indigne c'est la mort d'un chien. Le jeune bushi était continuellement exercé et endoctriné sur le courage. Aussi, ils étaient souvent conduits sur les places d'exécution, dans les cimetières et les maisons réputées hantées. Ce système qui aider au "contrôle des nerfs" était le seul valide et valable pour donner aux samouraï leurs nerfs d'acier. 

La bienveillance est conçu comme un trait féminin. Elle fait partie intégrante de la nature et contrebalançait la rectitude et la justice sévère, deux traits qui eux, sont masculins. La bienveillance inclue l'amour, l'affection pour les autres, la sympathie et la noblesse des sentiments. C'étaient les plus hauts attributs de l'âme. La politesse une une pauvre vertu si elle est suivie dans la peur de manquer de bon goût. Les bonnes manières font parties du style de vie des japonais. L'étiquette est une part importante de la vie en société. S'incliner, marcher, attendre, se tenir à table  et servir le thé  furent développés jusqu'à devenir des cérémonies rituelles. L'étiquette harmonisée l'être dans sa totalité avec lui-même  et son environnement et exprimait une maîtrise de l'esprit au travers de la chaire. L'élégance représentait l'"économie de la force" et prodiguait  un réservoir de force. Les fines manières signifiaient la puissance au repos. La cérémonie du thé dirigeait les pensées d'une personne à travers le monde, c'était une méthode achevée, une discipline de l'âme. La politesse est suscitée par l'intérêt de la sensibilité des autres. En tant que tel, le guerrier pouvait rejoindre ceux qui pleuraient; et se réjouir avec ceux qui se réjouissent. Le mensonge selon le Bushido était considéré comme de la lâcheté, c'était déshonorable. L'honnêteté était très importante pour le bushi. Elle était une extension de la vision du courage que le bushi avait, aussi s'efforçait-il de rester honnête dans toutes les situations.

Une vive conscience de la valeur de la dignité personnelle était l'honneur. L'honneur était quelque fois transmis par des termes comme "na" (nom) "men-moku" et "guai-bun". Toute infraction à l'honneur d'un samouraï était ressentie et appelée "ren-shi-shin" (un sens de la honte). La désobéissance au code ou à un supérieur  produisait un sentiment de culpabilité et de honte. Selon un légende samouraï "Le déshonneur est comme une cicatrice sur un tronc d'arbre, qui, avec le temps, au lieu de s'effacer, s'élargie".

 

"La voie du Samurai réside dans la mort. Quand on en vient au
  'ou bien'/'soit' il n'y a que le choix immédiat de la mort. Ce
  n'est pas particulièrement difficile. Sois déterminé par avance.
  Dire que mourir sans avoir atteint son but est une mort de chien
  est une manière frivole de personne sophistiquée. Quand on est
  confronté au choix de la vie ou de la mort, il n'est pas nécessaire
  d'atteindre son but. [...] Mourir sans avoir atteint son but est
  une mort de chien et de fanatique. Mais il n'y a aucune honte là
  dedans. C'est la substance même de la Voie du Samurai. Quelqu'un
  qui arrive a endurcir son cœur chaque matin et chaque soir,
  quelqu'un qui est capable de vivre comme si son corps était déjà
  mort suivra la Voie sans douleur. Sa vie tout entière sera sans
  reproche, et il réussira dans ce qu'on attend de lui."
  

Le bushido aujourd'hui dans les sports de combat et les arts martiaux

Le bushido aujourd'huiOn peut considérer qu'aujourd'hui le bushido est encore très présent dans l'organisation sociale et économique du Japon, car c'est le mode de pensée qui a historiquement structuré l'activité capitaliste au xxe siècle. Les relations d'affaires, le rapport étroit entre l'individu et le groupe auquel il appartient, les notions de confiance, respect et harmonie au sein du monde des affaires japonais sont directement basées sur le bushido. Celui-ci serait donc à l'origine de l'idéologie d'harmonie industrielle du Japon moderne, qui a permis au pays de devenir, avec le miracle économique japonais de l'après-guerre des années 1950-1960, le chef de file de l'économie politique asiatique.

Bushido dans les sports de combat et les arts martiaux

L’iaidō, dans sa transmission et sa pratique, est l'art martial qui reprend dans son intégralité le bushido de par l'étiquette, le code d'honneur, l'habillement, le port du sabre et le combat contre soi plutôt que contre l'adversaire. Les sports de combat modernes comme le kendo tirent leur philosophie du bushido ; à la différence d'autres arts martiaux, le contact prolongé ou les coups multiples tendent à être défavorisés pour privilégier des attaques simples et propres sur le corps. Le bushido a également inspiré le code d'honneur de disciplines comme l'aïkijutsu, l'aïkido, l'aïkibudo, le judo, le jujitsu, le karaté ou le chanbara.

Notes et références

1 Le mot « bushido » est entré dans plusieurs dictionnaires francophones et s'écrira donc sans italique et sans macron dans la suite de l'article.

2 Extrait de Bushidō, l'âme du Japon de Inazō Nitobe, 1900, (ISBN 2846170118)

3  [archive] sur kanji.free.fr

Voir aussi Articles connexes

Arts martiaux japonais

Budō

Gorin no Sho

Hagakure

Samouraï

Zen

Inazo Nitobe

Bushido, l'âme du Japon

Bibliographie

Gorin no sho, Miyamoto Musashi, 1643, plusieurs éditions en français : Le Livre des cinq anneaux (éd. Belfond) ; Traité des cinq roues (éd. Maisonneuve et Larose, 1977 puis Albin Michel, 1983) ; Traité des cinq roues, Budo Éditions.

•Thomas Cleary, Code d'honneur du samouraï. Une traduction moderne du Bushidō Shoshinshū de Taira Shigesuke, Seuil, 1991.

•Pascal Fauliot, Contes des sages samouraïs, Seuil, 2011.

•(en) Oleg Benesch, Inventing the Way of the Samurai: Nationalism, Internationalism, and Bushido in Modern Japan. Oxford: Oxford University Press, 2014

Nitobe Inazō, Bushido, l'âme du Japon (1899), Budo Éditions, 2015.

•Le Japon : Dictionnaire et civilisation(1999) - Louis Frédéric

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