CITATIONS DE MIYAMOTO MUSASHI

L'eau est une très bonne image pour faire comprendre notre principe. Il faut rendre notre esprit semblable à l'eau. L'eau prend la forme des récipients qui la contiennent, qu'ils soient carrés ou ronds. L'eau peut se réduire à une goutte ou atteindre la taille d'un océan. L'eau qui se trouve au fond des gouffres profonds a une couleur d'un vert pur

Musashi Miyamoto, est réputé comme étant l’ un des samouraïs les plus fort de l’histoire du Japon

Musashi Miyamoto, (12/03/1584 – 19/06/1645), est réputé comme étant l’ un des samouraïs les plus fort de l’histoire du Japon mais il est aussi et surtout connu pour être l’un des plus irrévérencieux.
 
Célèbre samouraï expert au combat du sabre katana (shinken), Miyamoto Musashi est l'un des plus important Kenshi (grand maître de ken-jutsu) que le Japon ait connu et dont les exploits ont inspiré de nombreux récits.
Il est l'archétype du héros médiéval nippon. Né en 1584 dans la province de Harima, il était le second fils de Munisai Shinmen, lui-même expert au katana, qui le laissa orphelin à l'âge de 7 ans (tué lors d'un duel). Elevé par son oncle dans un monastère, Musashi mit ce séjour forcé à profit pour s'entraîner au katana et gagna son premier duel à l'âge de 13 ans contre Arima Yoshibe. A 17 ans, il participa sous la bannière de Toyotomi Hideyoshi à la bataille de Sekigahara en 1600, pendant laquelle il fut gravement blessé.

Musashi Miyamoto

A partir de 1604, on le retrouva à Kyoto où il défia et vaincu Yoshioka Seijuro, important expert du katana, ainsi que nombres membres de son clan. Invaincu dans plus de 60 duels, il affronta pour la dernière fois le célèbre bretteur Sasaki Kojiro du clan Mori, réputé pour son sabre long (O-dachi). Tuant son adversaire à l'aide d'une simple rame en bois selon la légende, Musashi ne se battit plus jamais.
A partir des années 1630, il se consacra entièrement à l'étude de la Voie (Do), tout en pratiquant la calligraphie et la peinture, arts dans lesquels il excellait. Il devient Kensei de son vivant (saint au sabre). En 1637, il rentra au service de ses anciens adversaires les Tokugawa et combattit pour eux les révoltés chrétiens de Shimabara. On le vit ensuite chargé du commandement d'un corps de réserve par Ogasawara, seigneur de Kokura, lors du siège du château de Hara en 1638. A cette époque, il adopte deux enfants : Iori et Mikinosuke. Ce dernier se fait seppuku des années plus tard. Il devint instructeur en 1640 de la puissante famille Hosokawa de Kumamoto. En 1643, il se retira dans la grotte Reigendo (temple de Ungan-ji) du Mont Iwato, à l'Est de Kumamoto. C'est là qu'il rédigera quelques semaines avant sa mort en 1645 le texte Gorin no Sho (traité des cinq roues), qui est devenu un classique de la littérature concernant les arts martiaux. Il mourut à l'âge de 62 ans et fut, selon sa volonté, enterré revêtu de son armure.
Musashi Miyamoto a contracté très jeune de l'eczéma qui lui a laissé sur le visage de grandes cicatrices qu'il a gardé toute sa vie durant. Pour cette raison, il ne ressemble pas aux autres samouraïs de son époque. En conséquence, il n'a jamais rasé ses cheveux, ni arboré la coiffure des samouraïs : le toupet. Miyamoto Musashi était un géant pour son époque. Il mesurait près de 1m84 (environ 6 pieds) alors que ses collègues japonais atteignaient en moyenne 1m53 (5 pieds). 
On raconte que Musashi ne prit aucun bain dans sa vie. Il se lavait dans l'eau glacée des torrents afin de travailler son mental.
La voie du Sabre
Lorsque Musashi retourna à son village, il ne fut pas accueilli en héros. Les anciens du village le considéraient comme étant incontrôlable et il dut partir. Il se retrouva finalement captif au château de Hejime où il apprit la voie des guerriers. Après un long apprentissage, Musashi se fit offrir un poste important auprès d'un daimyo (seigneur d'une région plus ou moins grande). Il refusa avec courtoisie, préférant devenir un Guerrier en quête de l'Illumination (musha shugyo).
La Famille Yoshioka
Il partit donc vers Kyoto, qui était la capitale à l'époque. Désireux de vouloir tester ses capacités de combattant, il défia en 1604 l'une des écoles les plus renommées ; celle de la famille Yoshioka, dont le fondateur était semble-t-il un duelliste de renom. Le premier qui releva le défi lancé par Musashi fut celui qui était à la tête de la famille Yoshioka, Seijiro. Ce dernier était armé d'une vraie épée alors que Musashi était armé d'un bokken, un sabre de bois. Le combat ne dura que peu de temps. Seijiro perdit son bras dans le duel et mourut. Cela lui attira la haine du clan Yoshioka. Le deuxième duel, eut lieu contre Denshichiro, le frère de Seijiro. Le combat fut, encore une fois, bref. Musashi brisa le crâne de Denshichiro le temps d'un battement de cils...
Ces derniers, excédés par l'attitude de Musashi, le provoquent une troisième fois en duel contre Matashihiro, encore un enfant, en prenant soin de lui tendre un piège auquel il ne pourra échapper. Mais une fois n'est pas coutume, Musashi est arrivé en avance. Il a eu le temps de voir la lâcheté des Yoshioka en action et les attaque finalement. Matashihiro meurt et Musashi échappe aux 80 samouraïs qui l'attendaient en embuscade, tuant une douzaine de membres du clan. Ce fut le fameux combat d'Ichijoji.
Il reprit alors la route, remportant défi sur défi, invaincu dans plus de 60 duels.

Iwami sohke

Iwami sohke, 11e successeur de Miyamoto Musashi.
Muso Gonnosuke
L'histoire nous apporte différentes versions de la rencontre entre Musashi et Muso Gonnosuke. Ayant rencontré Musashi et vaincu par lui une première fois en 1605 dans la province de Harima à Akashi., ce dernier estima que le traditionnel bâton de 1m80 ne pouvait atteindre une vitesse suffisante contre un katana. Se retirant sur le Mont Honman (dans le Kyushu), il ramena la longueur du bâton à 1m30 après quelques expériences mystiques. Il combina le maniement de ce nouveau bâton (Jo) avec ce qu'il connaissait déjà de ceux de la lance, du katana et de la Naginata. La légende rapporte que lorsqu'il rencontra pour la deuxième fois Musashi, la longueur du Jo, même paré, lui permit d'atteindre un point faible sur le corps de l'épéiste adverse au niveau du plexus solaire. Gonnosuke est parvenu à défaire Musashi sans lui causer de grand mal. Mais ce fut la seule défaite encaissée par Musashi et cela à cause d'une nouvelle technique de Jo-Jutsu.
Sasaki Kojiro
En avril 1612, Musashi rencontre le fameux Sasaki Kojiro, du clan Mori, réputé pour son fameux sabre long (O-dachi). Il l'affronte sur l'île de Mukojima en utilisant un simple bout de bois ou une rame (selon les versions). Le duel a lieu sur la plage. Un seul coup porté à la tête de Kojiro et celui-ci est étendu sur le sable, vaincu par l'allonge inhabituelle de l'arme. Il existe de nombreuses autres versions de ce combat disant que Musashi avait perdu ou bien que Musashi n'était qu'un lâche etc. Musashi ne suivit jamais l'enseignement d'une école de kenjutsu particulière. Ayant certainement profité du talent de son père, puis de l'enseignement du monastère, il a principalement acquis seul ses techniques de combat, prenant plus tard le statut de musha-shugyo (la quête du guerrier , forme d'apprentissage des arts guerriers qui consistait à aller de maître en maître, décole en école pour apprendre et confronter sa technique aux sources les plus multiples). Musashi expérimenta beaucoup et fit évidemment sa propre synthèse technique. Il créa un style de combat à deux sabres (katana et wakisashi) nommé nito-ryu, puis niten-ryu, qu'il utilisa notamment lors du combat d'Ichijoji. Si l'école a disparu avec sa mort, il existe cependant encore des Kata à deux sabres transmis par le kenjutsu au cours des siècles suivants. Le Hyoho Niten Ichi-Ryu prétend cependant aujourd'hui transmettre la technique de Musashi.

Sasaki Kojiro

Miyamoto Musashi et le Traite-des-cinq-roues--Gorin-no-sho

Au XVIe siècle, Miyamoto Musashi, samouraï invaincu par une vie de combats, maître ès armes et esprit de nombreux disciples, se retire dans une grotte quelques mois avant sa mort et rédige ce classique de la littérature universelle : 
Traité des Cinq Roues.
Ce guerrier nous donne en un texte lumineux l'essence des arts martiaux et le secret d'une stratégie victorieuse qui transcende la violence et devient art de vivre et d'agir. Attitude qui explique aujourd'hui les raisons des succès japonais dans tous les domaines.
Une leçon à méditer et à pratiquer: car l'esprit de l'art de l'épée peut s'appliquer à tous les gestes de la vie quotidienne.

 

Éditeur : ALBIN MICHEL

ISBN : 2226018522

Miyamoto Musashi (宮本 武蔵?, Miyamoto Musashi

Miyamoto Musashi (宮本 武蔵?Miyamoto Musashi), de son premier nom Shinmen Takezō (« Miyamoto » étant le nom de son village de naissance et « Musashi », une autre façon de lire les idéogrammes écrivant Takezō ; 12 mars 1584-19 juin 1645), est l'une des figures emblématiques du Japon, maître bushiphilosophe et le plus célèbre escrimeur de l'histoire du pays.

Son nom complet était Shinmen Musashi-no-Kami Fujiwara no Harunobu (新免武蔵守藤原玄信), Musashi-no-kami était un titre honorifique (et obsolète) dispensé par la cour impériale le rendant gouverneur de la province de Musashi (dans la région de l'actuelle Tokyo). Fujiwara est le nom de la lignée aristocratique à laquelle il appartient. Harunobu était un nom cérémoniel, dit imina, similaire à un prénom composé pour gentilhomme sinisé, notamment utilisé par tous les samouraïs de haut rang et les nobles de Cour.

Adepte du kenjutsu

Adepte du kenjutsu

 
Ichijoji Sagarimatsu, monument sur le lieu du combat entre Musashi et la koryu Yoshioka.

Son grand-père était un très bon escrimeur et son seigneur, Shimmen Iga-no-kami, en récompense, lui permit de porter son nom de famille. C'est pourquoi Musashi a signé le Livre des cinq anneaux du nom de Shinmen Musashi. Le père de Musashi était connu sous le nom de Muni. Aujourd'hui, il est aussi connu sous le nom de Munisai, nom fictif qui est une création de l'écrivain Yoshikawa Eiji.

Pour des raisons obscures, peut-être à cause de la jalousie qu'il avait suscitée autour de lui, Munisai s'éloigna de l'entourage du seigneur Shinmen et se retira dans le village de Miyamoto-mura situé aux alentours. Il semble que Musashi y soit né et ce serait là l'origine du surnom qui lui fut donné : Miyamoto Musashi. Cependant, au tout début du Rouleau de la terre, dans le Gorin no sho, Musashi écrit : « Je suis né dans la préfecture de Harima » (une partie de l'actuelle Hyōgo). Son lieu de naissance est donc sujet à controverse.

Son père mourut alors qu'il était âgé de 7 ans. Des chercheurs japonais indiquent qu'il s'agirait plutôt de son beau-père. Selon une légende, Miyamoto Musashi se serait moqué de son père escrimeur et aurait fini par l'impatienter. Ce jour-là, Munisai était occupé à se tailler un cure-dent et, lassé des moqueries de son rejeton, il perdit son sang-froid et lança son couteau en direction de son fils qui esquiva l'arme de la tête. Encore plus furieux, Munisai aurait relancé la lame. Mais Musashi sut l'éviter à nouveau. Hors de lui, son père l'aurait chassé de son foyer, ce qui contraignit le petit à passer son enfance sous la tutelle de son oncle, moine et propriétaire d'un monastère.

Il combattit en duel et tua pour la première fois à 13 ans (contre Arima Kihei en 1596). Âgé de 17 ans, il participa à la bataille de Sekigahara (1600) qui vit la victoire de l'armée de Ieyasu Tokugawa à la suite de la mort de Hideyoshi Toyotomi. Engagé dans le camp des perdants, il fut laissé pour mort sur le champ de bataille mais survécut à ses blessures. Jusqu'à l'âge de 29 ans, il participa à une soixantaine de duels, la plupart avec un sabre en bois (bokken) alors que ses adversaires avaient de vrais sabres (nihonto). Il défia et anéantit à lui seul la totalité de l'école d'escrime Yoshiyoka, en se battant contre 60 combattants ou davantage (certaines sources mentionnent qu'il aurait tué 79 disciples du style Yoshioka lors de l'escarmouche aux pieds du Pin Parasol, au temple de Ichijō-ji de Kyoto). C'est là qu'il pratiqua pour la première fois — sans en avoir conscience — sa technique si célèbre des deux sabres qu'il développa ensuite.

Son dernier duel (le plus fameux) eut lieu le 13 avril 1612 contre l'autre plus grand escrimeur du JaponKojirō Sasaki, qu'il vainquit sur l'île de Funa, probablement grâce à un long bokken, qui aurait été taillé dans une rame du bateau qui l'y avait amené, mais les différents récits de cette bataille sont peu sûrs1. Aucune source fiable n'indique le nom de Sasaki. Il se pourrait qu'il se soit plutôt appelé Kojirō Ganryu. Musashi entra ensuite au service de la famille des Hosokawa, fidèle famille apparentée à celle du shogun. Il y entra uniquement à titre d'invité, ce qui expliquerait la solde relativement modeste qu'il toucha pour ses services. Il arrêta ensuite les duels.

Dans aucun texte écrit par Musashi, il ne mentionne directement ses adversaires, mis à part Arima Kihei, le premier. Il ne nomme pas Sasaki Kojiro ou Shishido Baiken, pas plus que la famille Yoshioka, pourtant nombre d'entre eux sont restés célèbres, intégrés à sa légende.

Dans l'un de ses combats, Musashi affronte Nagatsune Hachiemon, un maître lancier au service de Tokugawa Yoshinao, d'Owari. Après une conversation, ils décident qu'un duel serait inutile et, à la place, Nagatsune l'invite à disputer une partie au jeu de go contre son fils, ce que Musashi accepte. Pendant la partie, le fils de Nagatsune se révèle fort talentueux et ils sont vite absorbés par le jeu, quand soudain Musashi s'écrie : « N'essaie même pas ! » En effet, Nagatsune s'était faufilé discrètement dans une pièce adjacente et s’apprêtait à poignarder son invité avec sa lance. Ayant brisé l'élan de son opposant, Musashi retourna au jeu sans bouger ni rien dire d'autre, à la grande perplexité de ses deux adversaires. Nagatsune ayant senti que les aptitudes de Musashi étaient supérieures aux siennes s'avoua silencieusement vaincu et Musashi gagna aussi la partie de go2.

On sait aussi que Musashi était doué d'une force physique extraordinaire, nécessaire pour trancher les os lorsqu'on utilise un sabre d'une seule main. Dans un passage du Nitenki, le seigneur Nagaoka prie Musashi de l'aider à choisir des bambous pour faire des hampes de drapeau. À sa demande, le seigneur lui apporte tous les bambous disponibles, une centaine au total. Musashi les lance et effectue une attaque rapide dans les airs : tous les bambous se brisent sauf un, qu'il tend au seigneur Nagaoka. Celui-ci lui dit que c'est une excellente façon de les tester, mais que seul Musashi en est capable.

Par la suite, il fut chargé du commandement d'un corps d'armée du seigneur Ogasawara et participa au siège du château de Hara en 1638, lors de la révolte des chrétiens, menés par Shirō Amakusa. Après être retourné à Kumamoto, il se consacra essentiellement à des activités artistiques, mais on sait qu'il garda un esprit vif et certaines capacités physiques. Par exemple, alors qu'il était un vieillard, Musashi fut piégé sur un toit lors d'un incendie ; il utilisa une poutre ou une échelle pour s'enfuir en courant lestement dessus, se rendant sur une autre maison.

À l'âge de 59 ans, en 1643, Shinmen Musashi-no-kami partit pour le mont Iwato, situé près de Kumamoto, où il s'installa dans la grotte de Reigandō (« Grotte du roc-esprit »). Il y disposa une table basse et commença, le dixième jour du dixième mois, à rédiger le Gorin no shō (Traité des cinq roues).

Dokkōdō

Dokkōdō 

À 60 ans, Musashi écrivit en quelque sorte son testament au travers du Traité des cinq roues. Deux ans plus tard, sentant sa fin approcher, il écrivait le Dokkōdō (La Voie à suivre seul) :

  • Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps.
  • Éviter de rechercher les plaisirs du corps.
  • Être impartial en tout.
  • N'être jamais cupide durant toute la vie.
  • N'avoir aucun regret dans les affaires.
  • Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal.
  • Ne jamais être attristé par toutes séparations.
  • N'éprouver aucune rancune ou animosité vis-à-vis de soi ou des autres.
  • N'avoir aucun désir d'amour.
  • N'avoir aucune préférence en toutes choses.
  • Ne jamais rechercher son confort.
  • Ne jamais rechercher les mets les plus fins afin de contenter son corps.
  • Ne jamais s'entourer, à aucun moment de la vie, d'objets précieux.
  • Ne pas reculer pour de fausses croyances.
  • Ne jamais être tenté par aucun objet autre que les armes.
  • Se consacrer entièrement à la Voie sans même craindre la mort.
  • Même vieux n'avoir aucun désir de posséder ou d'utiliser des biens.
  • Vénérer les bouddhas et divinités mais ne pas compter sur eux.
  • Ne jamais abandonner la Voie de la tactique.

Enseignant

 

Enseignant

 
Stèle dédiée à Miyamoto Musashi, fondateur de la Hyoho Niten Ichi Ryu. Elle est érigée au pied du château de Kokura, sur le lieu où vécut Musashi. Est inscrite sur la pierre la devise : Seishin Chokudo (誠心直道?), « Cœur sincère, Voie droite ». Kokura est le lieu où se trouve le Hombu dōjō de la Hyoho Niten Ichi Ryu.

Il fonda l'école Niten Ichi Ryu dont la branche maîtresse est la Hyoho Niten Ichi RyuHyōhō Niten Ichi Ryu est traduit par « l’École de la stratégie des deux Ciels comme une Terre ». Aujourd'hui, une lignée de maîtres descend directement des disciples de Musashi.

Cette école de sabre, une koryu de kenjutsu, fut nommée tout d'abord « École des deux sabres » (Niken Ryu), puis « École des deux cieux » (Niten Ryu). Elle reste renommée pour son style hors du commun : utilisation simultanée de deux sabres, l'un court, l'autre long. Le hyōhō, de Hyōhō Niten Ichi Ryu, signifie « stratégie » et constitue un enseignement capital dans l'école.

On retrouve également plusieurs écoles dans le monde, au suffixe Niten Ichiryu, mais elles n'entretiennent officiellement aucune sorte de lien d'héritage avec Hyoho Niten Ichiryu5. Certaines écoles descendent authentiquement de Miyamoto Musashi sans être pour autant la branche « mère » et sont considérées comme des koryus. Elles transmettent leur enseignement sur autorisation du soke et doivent expressément démontrer leur lignée de transmission et l'accord formel d'enseigner de la part du soke de cette branche. Toute imprécision ou rétention d'une telle information est l'indice d'un enseignement abusif dans sa référence à l'école de Musashi.

L'école de Musashi transmet son expérience à travers sa technique et son esprit. Ne transmettre que la technique est une amputation grave de l'enseignement du fondateur qui dénature le sens profond d'une koryu : « En Hyoho Niten Ichi Ryu, celui qui succède doit se vouer à l'entraînement et prouver à ses contemporains, par son exemple, que l'enseignement et le kokoro du fondateur sont absolus et authentiques. C'est ma mission en tant que soke5. » Ainsi, le soke est seul en mesure d'explorer les nombreux sens de cet enseignement car il possède seul la transmission de l'esprit qui authentifie le geste. Le but de l'élève est alors de s'approcher de l'expérience de Musashi avec la garantie que lui offre la connaissance héritée par le soke. Pour cette raison, tout enseignant de la Hyoho Niten ichi Ryu ou de toute branche authentique de la Niten Ichi Ryu doit cultiver un lien d'apprentissage avec le grand-maître de sa branche.

Principes - Techniques - Armes

Principes

L'enseignement de Musashi peut se ramener à neuf principes :

  1. Éviter toutes pensées perverses.
  2. Se forger dans la Voie en pratiquant soi-même.
  3. Embrasser tous les arts et non se borner à un seul.
  4. Connaître la Voie de chaque métier, et non se borner à celui que l'on exerce soi-même.
  5. Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.
  6. En toute choses, s'habituer au jugement intuitif.
  7. Connaître d'instinct ce que l'on ne voit pas.
  8. Prêter attention au moindre détail.
  9. Ne rien faire d'inutile.

Les principes sont à étudier, le bokken en main, auprès d'un maître. La particularité de l'enseignement des koryus est qu'il est attendu du soke qu'il incarne et prouve sa maîtrise à chaque génération.

Techniques

Miyamoto Musashi créa une série de seiho, communément appelés katas :

  1. Tachi seiho : 12 seiho au dachi, sabre long. Toutefois, l'étude se fait avec le bokken.
  2. Nito seiho6 : 5 seiho avec le dachi et le kodachi, sabres long et court, qui correspondent aux 5 seiho du Livre de l’Eau. L'étude se fait avec le bokken.
  3. Kodachi seiho : 7 techniques au kodachi.
  4. Bōjutsu : 20 seiho au , bâton long.

Armes

Musashi conçut une paire de bokken d'un poids allégé et d'un profil plus fin7. Tous les seiho de sabre de l'école sont exécutés avec le bokken et non le katana. Le bokken préféré de Musashi existe toujours d'ailleurs, objet magnifique en bois sombre, à la poignée percée d'un trou pour faire passer un pompon de soie pourpre ; il est surnommé Jissō Enman no Bokutō, d'après l'inscription qui se trouve sur la face omote. Longtemps transmis de soke en soke, il représente la volonté de préserver le style Niten Ichi Ryu tel quel, sans modifications ou adaptations. Désigné Trésor national, il se trouve désormais en tant que relique au prestigieux sanctuaire d'Usa-jingū pour sa préservation.

Bien sûr, Musashi maniait aussi personnellement des armes en acier. L'une de ses connaissances était le fameux forgeron Izumi-no-kami Kaneshige, qui fut le professeur de Kotetsu, un autre artisan renommé. Le katana surnommé Musashi Masamune lui est parfois associé, bien que cela soit incertain (le nom de Musashi pourrait venir d'ailleurs, et les Masamune étaient jalousés férocement par le clan Tokugawa). On sait aussi qu'à un moment de sa vie, Musashi portait un daishō forgé par Nagakuni, il est inscrit sur leurs nakago (soies) « Shinmen Musashi-no-kami a utilisé ceci ». Le daitō semble se trouver dans un musée, tandis que le shōtō est une propriété privée d'un collectionneur japonais nommé Suzuki Katei. Leur authenticité est admise et Musashi en a vraiment été le propriétaire.

Dojo et école de Miyamoto Musashi